LIVRE XVIIl. Sr
comment fut rejetée son abdication conditionnelle en faveur de son fds.
Ainsi , malgré la formation d’un gouvernement provisoire , malgré le decret de déchéance , malgré le vœu de Bordeaux et de Paris , la 'régence pouvoit encore prévaloir sept jours après l’entrée des alliés dans la capitale, le sort de la monarchie n’ayant été décidé qu’à deux heures après midi , le 6 avril. Les alliés ne vouloient d’abord que renverser Buonaparte : tel étpit l’unique but qu’ils se proposoicnt , et le régime futur de la France n’étoit qu’une arrière-pensée soumise aux événemens. Les efforts 4“ gouvernement provisoire , son inébranlable feixneté , l’allégresse que tout Paris avoit fait éclater à l’entrée des monarques alliés , et dans laquelle étoient venus se confondre les voeux exprimés par les royalistes , telles furent les causes de la grande et,importante décision dn 6 avril. ,
Toutefois ce seroit une véritable pi’ésomption que d’attribuer l’henreux résultat qui répandit la joie dans toute l’Europe, à aucun homme, ni à aucune, classe d’homipcs- Cette cause sacrée a triomphé , parce qu’elle étoit conforme aux principes immuables de la justice et de la vérité. Les grands évenemens dp
1814 auroient été incomplets , s’ils nes’étoieïit pas terminés par le rétablissement de l’an-* cicnne famille des Bourbons. En remontant sur le trône, les descendans de saint Louis détruisoient en France l’esprit de conquête et de spoliation , reste du génie révolutionnaire qui avoit enflammé Buonaparte ; ils assuroient à la France les plus grands bienfaits, en lui rendant un caractère social, et en la replaçant dans le sein des nations.
Les maréchaux Ney et Macdonald , et le grand-écuyer Caulaincourt, reprirent la route de Fontainebleau où ils arrivèrent le 6 avril ’i à onze heures du soir. On comprit, à la seule pantomime du'négocialeur diplomate , qu’il n’y avoit plus rien à espérer. Le maréchal Ney entra le premier dans les appartemens du palais. — « Avçz-vous réussi? dit Napoléon 3) en l’apercevant. — En partie, sire, mais 3) non pour la régence : il étoit trop tard. Les 3) révolutions ne reculent jamais ; celle-ci a 3) pris son cours , et le sénat reconnoîtra de- » main les Bourbons. » On s’attendoit que Napoléon romproit à l’instant les négociations pour tenter de nouveau la fortune ; ses principaux officiers le croyoient. Quelle fut leur surprise quand ils lui entendirent proférer ces
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