‹ Histoire des CampagnesChapitre 181 sur 267 · LIVRE XVlîî. 3;i · texte numérisé non relu

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le plus mémorable que présente riiîsloire du Monde. Mais cet acte de sa vie politique , Napoléon le signala par la meme hypocrisie dont il s’étoit paré si souvent. Déposé par son propre sénat , devenu l’objet de l’exécration universelle , abandonné même de ses soldats qui désertoient par milliers, cerné par des forces imposantes qui s’approchoicnt .pour l'accabler, s’il s’obstinoit à refuser le généreux pardon qui lui étoit offert, que fait-il? Toujours charlatan et fourbe , il donne comme un sacrifice volontaire sa soumission forcée ; il affecte d’être entraîné par un sentiment d’esprit public, ou par un respect religieux pour le serment ; en un mot il se cache encore sous le voile du mensonge , de l’honneur et de la vertu.

On auroit pu se passer de son insolente abdication : il avoit cessé de régner. Son armée se désorganisoit par les adhésions ; tous Les corps se décomposoient. Le respect qu’il avoit inspiré s’affoiblissoit par degrés ; ons’en alloitsans prendre congé de lui. Les offiejers généraux s’entretenoient à voix basse en sa présence. Un jour, àleur grand étonnement, ils se surprennent à blâmer Napoléon qui les laissoit debout pendant trois heures , tandis qu’il d.éclamoit avec

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amertume contre ses propres officiers. Matsalors aussi se dcveloppoit le système perfide qu’avoient préparé scs lâches flatteurs pour ménager sa vanité; alors il imputoiC déjà lui-même son infortune à la trahison , affectant de voir des traîtres dans quelquesuns ■ de ses maréchaux et de ses principaux officiers , auxquels il adressa des reproches directs et piquans; alors, en un mot, il ne vit plus , dans la plupart de ses soldats , que des déserteurs : « Est-il possible , dit-il , que » des troupes jusqu’à présent si fidèles^ et que » j’ai menées pendant vingt ans à la victoire , » abandonnent leur vieux général ? »

Le lendemain de son abdication , Napoléon ,! encore indécis, hésita d’en remettre l’acte authentique , tel qu’il l’avoit arrêté ; mais ,' instruit que la plupart de ses généraux étoient prêts à obéir à l’appel du gouvernement provisoire , se voyant d’ailleurs isolé et sans protection dans un pays où , peu de jours auparavant , il disposoit à son gré de la vie de tous ses habitans, il prit l’engagement formel de ratifier son abdication au moment de l’échange du traité qu’il venoit de solliciter de la générosité des hautes puissances.

Ce fut alors que le maréchal Ney, se croyant

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