LIVRE XIX
fle Blois , étourdie par le mouvement rapide de la restauration , déconcertée par l 'irrésolution de Buonaparte , mettoit en délibération sa retraite , tantôt à Tours, tantôt à Rennes, tantôt dans le Berry. Marie-Louise parut ne pas goûter ces projets ; mais , alléguant sa sûreté et le salut de l’Etat, ses beaux-frères, Jérôme et Joseph , voulurent la contraindre de les suivre au - delà de la Loire. L’impératrice répondit que son sort lui paroissoit décidé j qu’elle n’avoit rien à craindre pour sa personne , soit qu’elle tombât dans les •nains des Russes ou des Allemands. Joseph et Jérôme insistent pour qu’elle s’éloigne : une voiture attelée est toute prête à la recevoir. Marie-Louise résiste à la violence, mande son préfet du palais et les chefs de sa garde , qui , en présence des frères de Napoléon , protestent qu’ils ne recevront d’ordre que de la princesse , et qu’ils s’opposeront à toute démarche contraire à sa volonté. Une vive discussion s’engage, à l’issue de laquelle les deux rois détrônés prennent seuls le parti de la retraite. On vit arriver le lendemain , à Blois , le comte de Schuwalow , chargé , pax les souverains alliés , de ramener Marie-Louise à son auguste père. La présence et la mission
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de ce general russe marquèrent le dernier son-’ pir du gouvernement impérial. Aucun membre de la régence n’osa contester les pouvoirs du comte de Schuwalow. La consternation n’étoit plus déguisée. Atterrés par l’abdication ^ les ministres , les dignitaires , se hâtent de solliciter des saüf-conduits , et des lettres de
La plupart transmettent précipitamment leur adhésion au gouvernement provisoire , dans l’espoir de jouir en paix de leurs richesses intactes. Mais, avant de se séparer, ils ouvrent le trésor ,. ils se paient de l’arriéré de leur traitement, ils se distribuent des gratifications : ministres , grands dignitaires , officiers du palais , espions , satellites , tous , prennent un passeport d’une main, de l’argent de l’autre; tous accourent dans Paris , où viennent s’ensevelir les restes d’un pouvoir abattu. L’impératrice et le roi de Rome , avec leur escorte militaire , quittent Blois , et se dirigent vers Orléans.
Après avoir vu ses portes barricadées, son pont miné , et ses murs armés de canons , cette ville fut tout à coup encombrée des débris de la cour, de l’armée et du gouvernement impérial. Des troupes de toutes armes arrivoienl