‹ Histoire des CampagnesChapitre 19 sur 267 · LIVRE XII · texte numérisé non relu

LIVRE XII

finit la petite guerre des Basques. La cam' pagne du midi va offrir des év^nemens plus dignes de Thistoire.

En vain Napoléon , pour séparer les intérêts du continent de la cause de TEspagne , se présentoit à la nation espagnole dans rattitude d'un suppliant qui sollicite la paix ; en vain offroit-il , avec la branche d’olivier, de recon» noître l'indépendance de la péninsule : la nation espagnole hésitoit , parce que c’etoit Napoléon qui prétendoit combler ses vœux. Pouvoit-elle oublier sitôt qu'il lui avoit dérobe ses rois, son gouvernement ; qu’il l’avoit insultée , en plaçant un de ses frères sur le trône , sans l’aveu de la nation ; qu’il avoit proclamé traîtres et rebelles les Espagnols qui , dédaignant d’obéir à ce mannequin royal , avoientpris courageusement les armes ? Napoléon n’avoit-il pas lait massacrer les Espagnols fidèles ? n’ayoit-il pas fait couper en morceaux les paysans , et ravager les campagnes? n’étoit-ce pas lui qui avoit fait, du pillage des propriétés espagnoles, un revenu régulier dans le budget de ses finances ?

Quelle alternative pénible pour une nation si généreuse ! Buona parle veut kii rendre son roi qu’eUe réclame ; et elle voit im piège si

elle l’accepte de sa main. Qu’a-t-il en vue , en faisant faire à sa politique ce pas rétrograde ? Il ne veut que séparer l’Espagne de l’Angleterre , préser>'er ses provinces méridionales , avoir cent mille hommes de plus à opposer à la ligue du nord , et assujétir l’Espagne à ses combinaisons tortueuses , dès qu’il aura vaincu ses ennemis.

Mais la salutaire lenteur des Cortès et de la régence déconcertèrent sa marche insidieuse. Ce fut alors qu’imaginant d’accréditer la plus absurde des calomnies , il accusa Wellington d’aspirer au trône d’Espagne. Les diffamations et les plus viles intrigues furent employées pour désunir la nation espagnole, et pour l’aliéner de ses alliés. Il ne fut pas difficile à Wellington de désarmer l’envie et de confondre l’imposture. Enfin , les Cortès et la régence s’expliquent sur les négociations de iValençay. « Vous voulez , disent-ils à Napoj> léon , vous voulez nous rendre notre sou- V verain légitime , et combler ainsi nos vœux ; j> nous le recevrons avec transport : mais nous » voulons qu’il se présente seul , dégagé de » toute influence politique , et libre de ses

fers. Si c’est réellement notre indépendance » que vous voulez reconnoître , il faut aussi

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