LIVRE XH
w nous restituer la partie de notre territoire JD que vous tenez encore en Catalogne, et » celles de nos places fortes que vous occu- ') pez. )) G’étoit tracer au Corse astucieux le cercle de Popilius. Pris dans son propre piège , il hésite à son tour, ne voyant dans ces conditions aucune garantie pour l’accomplisse- . ment de ses desseins. Mais , pressé par le danger, il ne se rebute pas encore ; et , tirant de l'exil l’illustre défenseur de Sarragosse , don Joseph de Palafox , qu’il a retenu long-temps captif après l’avoir outragé , il lui annonce qu’il le destine à être l’un des principaux instrumens du rétablissement de son roi. Chargé de porter à Madrid des articles additionnels au traité de Valençay , Palafox arrive à Vich , en Catalogne , escorté par cinquante cuirassiers français ; il expédie aussitôt un courrier extraordinaire à la régence du royaume. Sa mission avoit évidemment le même objet que celle du duc de San-Carlos. Le bruit se répandit que l’un des articles additionnels dont il étoit porteur, prescrivoit au maréchal Suchet d’évacuer les places de la Catalogne à mesure que les Anglais évacueroient celles du reste de l’Espagne. Lord Wellington ordonna aussitôt la remise , sans aucune restriction ,
des places de la péninsule , telles que Cadix et Carlhagène , que des garnisons anglaises avoient occupées concurremment avec les Espagnols pour la défense commune. Cette seule disposition , inspirée par la politique la plus franche , levoit tous les obstacles à l’affranchissement de la péninsule. Ainsi les négociations de Valençay preuoient en apparence le tour le plus heureux pour l’Espagne. Les délais (ju’apportoit Napoléon à la déli\Tance de Ferdinand , n’avoient plus de prétexte que dans son ambition , et dans l’espoir qu’il noorrissoit encore d’opprimer le continent. Mais ses négociations n’étoient que des pièges : il ne pouvoil être vaincu que par l’épée ; et c’éfoit celle de Wellington qui devoit lui porter les coups les plus sensibles.
Enfin, venoil d’arriver à Saint-Jean-de-Luz, quartier-général de sa seigneurie , S. A. R. M*' le duc d’Angoulémc , accompagné du comte Etienne de Damas , son premier gentilhomme ; du duc de Guiche et du comte d’E.scars , fidèles compagnons des princes de la maison de Bourbon pendant leur long et pénible exil. Une si heureuse apparition changea bientôt l’état de la guerre. Ce fut alors qu’en touchant le sol du midi , un Bourbon