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LIVRE XIX

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Alors aussi parut dans tout son éclat cette ^ardc nationale à cheval , formée par les royalistes de Paris, au premier cri de «Ve le Roi! et avec une rapidité qui tient du prodige , pour servir de garde à la famille royale. Un vœu unanime appeloit à la tête de cette brillante jeunesse un bravo entre les braves, un fidèle entre les fidèles; toutes les voix nommoient le comte Charles de Damas. A peine a-t-il accepté le commandement , que des gentilshommes de toutes les provinces , envoient leurs enfans ou accourent eux-mêmes; des habitans de Paris , de toutes les classes et de toutes les professions , s’y réunissent aussi avec un zèle égal à leur confiance dans un tel chef. Six jours suffirent pour former , monter , équiper cette garde chevaleresque , dont un, escadron , dès le 1 1 avril , partit pour aller au-devant de S. A. R. Monsieur, comte d’Artois.

Ce prince venoit d’arriver au château de Livry (i) , qu’il avoit désigné lui-même comme sa dernière station avant son entrée publique dans la capitale. A peine en fut-on informé ,

(i) CtuVc^ii appartenant au comte cl à la comtesse Charles ic Damas.

4o6 campagne de 1814.

qu’un grand nombre de personnes de tout rang y accoururent comme pour faire entendre les préludes de l’allégresse publique. La noblesse respiroit dans toutes les manières du prince. On put s’enivrer de son aimable accueil et de sa bonté royale. En n’apercevant ni escorte ni gardes autour de sa voiture , on témoigna quelque surprise : « Je n’en avois pas besoin, j> à travers la baie de cocardes blanches qui j> ne m’ont pas quitté depuis Vesoul jusqu’ici, X dit S. A. R. ; j’arrive à Paris avec d’autant X plus de satisfaction , que je suis sûr d’y ap- » porter la paix générale. La cocarde que » vous voyez à mon chapeau vient de m’étre » envoyée par l’empereur d’Autriche. » L’arrivée d’un détachement nombreux de la garde nationale de Paris offrit une scène touchante et animée. Monsieur adressa à chacun les paroles les plus affables. « J'aime l’habit » que vous portez, leur dit-il ; je n’en aurai point » d’autre pour mon entrée dans Paris. Mes en- » fans, vos malheursexpirentmotre unique soin » .sera de vous les faire oublier! » A ces mots l’émotion , l’enthousiasme , s’emparent des gardes nationaux. Le prince fait apporter du ruban blsunc , et en coupe un morceau qu’il met à sa boutonnière. « Mes enfans, dit-il aux gre-

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