LIVRE XIX
w nadiers qui l’enlourent , nous avons tous les » mêmes sentimens , portons tous la même » couleur, qui est celle de notre roi. •> En uii instant tous les grenadiers imitèrent le prince. Ce fut la veille d’un beau jour.
Le lendemain, 12 avril, S. A. R., vêtue d’un habit de garde national, monta sur un cheval blanc , et se dirigea vers Paris. On vit accourir de tous côtés , à sa rencontre , une foule immense qui ne cessoit , par ses acclamations , de témoigner sa vénération et son amour à un prince si long-temps le jouet de la fortune.
Entouré de plusieurs gentilshommes et officiers de sa maison , Monsieur approchoit des barrières, quand on aperçut un groupe de maréchaux de France , qui s’étoient portés en avant. Dans cet illustre cortège , on voyoit mêlés ensemble les enfans des anciens héros de la France et les braves qui l’ont illustrée de nos jours : ceux-ci sembloient réunis dans un sentiment commun avec les descendans des Montmorency et des La Trémouille.
<< Monseigneur , dit le maréchal Ney, en por- » tant la parole au nom de ses frères d’armes , » nous avons servi avez zèle un gouvernement >» qui nous commandoit au nom de la France.
4o8 CAMPAGNE DE 1814.
» V. A. R. et S. M. verront avec quelle fidélité » et avec quel dévouement nous saurons servir 'M notre roi légitime. — Messieurs , répondit J) le lieutenant-général du royaume , vous avez X illustré les armes françaises ; vous a vez X porté dans les contrées les plus éloignées » la gloire du nom français; à ce titre le l’oi y> revendique tous vos exploits; tout ce qui a » été fait pour la France n’a jamais été étran- » ger au roi. »
Arrivé à la barrière de Bondy , le prince fut reçu par 'les membres du gouvernement provisoire , précédés et suivis du corps municipal et de nombreux détachemens de la garde nationale.
Organe du gouvernement, le princé Talleyrand , s’étant avancé vers S. A. R. , lui parla en ces termes : « Monseigneur’, le bonheur i» que nous éprouvons en ce jour de régéné- •x ration sera à son comble si Monsieur rej> çoit avec la bonté céleste qui distingue son » auguste maison , l’hommage de notre ten- ‘X dresse religieuse. — Messieurs les membres » du gouvernement provisoire , dit le prince , J» je vous remercie de tout ce que vous avez » fait pour notre pays. J’éprouve une émotion » qui me prive du pouvoir d’exprimer tout