LIVRE XIX
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>• ce que je sens. Plus de dmsions ; la paix et » la France ! Je la revois , et rien n’est changé, » excepté qu’il y a un Français de plus. » A ces mots , les cris de Vive le Roi ! Vive Monsieur ! Vivent les Bourbons ! retentirent de toutes parts. Le prince manifesta aussi au corps municipal la plus vive émotion , et répondit au discours du préfet de la Seine avec la plus touchante bonté. De la barrière de Bondy le corlége fit son entrée par le faubourg Saint-Denis. En passant sous la porte triomphale , Monsieur éprouva une telle émotion qu’il laissa tomber la bride sur le cou de son cheval , et joignant les deux mains , sembla dire : « Me voilà donc sous l'arc de » triomphe élevé à la gloire de mon aïeul ; » me voilà au sein de cette chère patrie , que » j’ai pleurée si long-temps. »
Le cortège s’avança par la rue Saint-Denis , vers l’église métropolitaine. L’enthousiasme et l’allégresse de l’immense population de la capitale éclatèrent avec des transports inouïs. Les Français se hâtoient de porter sur le prince auguste tous les sentimens de vénération et d’amour qui les ramenoient vers la race antique des Bourbons ; ils reconnoissoient en lui Je représentant de leur roi; l’illusion de sa
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4io C.\3IPAGNE DE 1814.
présence leur rendoit déjà cette monarchie bienfaisante si impatiemment désirée. Les acclamations publiques étoient mêlées de sensibilité et d’alleudrisscmcnt ; un grand nombre de spectateurs ne purent retenir leurs larmes. La marche du prince étoit sans, cesse retardée par la foule , et par les éclats de la joie universelle. Non - seulement toutes les rues que traversoit le cortège étoient remplies par les flots du peuple , mais les fenêtres , les balcons , les amphithéâtres , et jusqu’aux toits de chaque maison , étoient couverts de personnes des deux sexes , qui agitoient des mouchoirs blancs, en faisant retentir l’air des cris répétés de P’^ivc le Roi! P^^ive Monsieur ! et ces cris se mêloient au bruit de la musique militaire , qui , sur toute la route , faisoit entendre l’air : llee Henri If^. Monsieur rcpondoit à l’allégresse publique par les signes les plus affectueux; à tout moment, pour saluer la foule attendrie, il Icvoit en l'air son chapeau , surmonté de panaches blancs. La loyale bonté du prince, sqn expression vraie , la candeur d’amour et de confiance des Parisiens , formoient le tableau le plus touchant. C’étoit par des mots simples , mais profonds dans leur simplicité , que le peuple exprimoit