‹ Histoire des CampagnesChapitre 200 sur 267 · LIVRE XIX. 4ir · texte numérisé non relu

LIVRE XIX. 4ir

son bonheur. « Comme il ressemble à Henri IV! » disoit l’un ; c’est notre bon roi Henri luij) meme. Voyez, disoit un autre, il a l’air bien content de se trouver avec nous , il rit. » Tant le peuple étoit heureux, après vingtcinq ans de malheurs , de retrouver le sourire de ses rois ! il sembloit dire : « Oui, nous » aurons des rois français! » confondant toutes ses idées , toutes ses sensations dans ce sentiment unique. Un grand nombre d’officiers des armées alliées , mêlés dans le cortège ou parmi le peuple , joignoient leurs acclamations à celles des troupes françaises et de tous les spectateurs, comme pour célébrer à la fois la fête de la restauration, de l’ordre social et de la paix universelle.

Au moment où le prince touchoit au pont Notre-Dame , on vit trois colombes voltiger autour de sa personne auguste , et se reposer tout à coup sur sa tête , circonstance qui ajouta à l’émotion publique. Il étoit près de trois heures , et le cortège n’étoit point encore arrivé à l’église métropolitaine. Des cris d’allégresse annoncèrent enfin son approche : ils furent entendus et répétés aussitôt par la foule des assistans qui remplissoient le parvis , la nef et les ailes de cette immense basilique. Dans le

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sanctuaire ctoient rassemblés les cardinaux, archevêques et évêques, le clergé de la métropole et des environs. Dans le chœur et dans le haut de la nef figuroient les principaux corps de l’Etat et un grand nombre d’officiers généraux, tant français qu'alliés; tous attendoient avec la plus vive impatience l’apparition du prince. Lcschanoines le reçurent sous un dais au grand portail de l’église. Son entrée fut signalée par des acclamations prolongées et unanimes. Au discours que lui adressa le clergé, le prince répondit : « C'est la miséricorde de » Dieu qui a mis un terme aux malheurs des Français ; allons lui en rendre grâces. Le roi >* ne peut être heureux qu’autant que son » peuple le sera » Lorsqu’il traversa la nef et le chœur, les cris de Vive le Roi! Vive Monsieur! redoublèrent avec une ardeur dont la sainteté du lieu ne put arrêter l’explosion. Le premier mouvement du prince fut de se jeter à genoux pour rendre grâces à Dieu. L’expression angélique peinte sur ses traits annonçoit les sentimens de générosité et d’affection dont sa grande âme étoit remplie. L’enthousiasme qui animoit tous les Français se communiqua rapidement aux officiers russes , autrichiens , anglais , prussiens , espagnols et portugais ,

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