LIVRE XII
■put dire ces mots que le premier des Valois adrcssoit à un seigneur châtelain : « Ouvrez ,
» c’est la fortune de la France. »
Lord Wellington , avec une suite nombreuse , s’empressa d’aller complimenter l’auguste petit-fils de Henri IV, qu’environnoient déjà les vœux et les hommages des habitans de Cibourre et de Saint-Jean-de-Luz.
Les premiers scntimens du prince éclatèrentcnfaveurde l’armée française ; etS. A.R. les exprima de la manière la plus noble dans la proclamation suivante : tt Soldats ! j’arrive , je suis en France » dans cette France qui m’est si chère. Je » viens briser vos fers , je viens déployer le 3* drapeau blanc , le drapeau sans tache que » vos pères suîvoient avec tant de transport.
Ralliez-vous autour de lui, braves Français. J» Marchons tous ensemble au renversement » de la tyrannie. Généraux , officiers , soldats , » qui vous rangerez sous l’antique bannière » des Lis , au nom du Roi , mon oncle , qui » m’a chargé de faire connoître ses intentions » paternelles , je vous garantis vos gradc.« , vos " traitemens et des récompenses proportion- > nées à la fidélité de vos services. Soldais ! » c’est le petit-fik - de Henri IV, c’est l’é-
ÿa CAMPAGNE DE 184.
>) poux d’une princesse dont les malheurs » sont sans égal , mais dont tous les vœux >» sont pour le bonheur de la France ; c’est un i» prince qui , oubliant ses peines à l’exemple .»> de votre Roi, pour ne s’occuper que des »> vôtres, vient avec confiance se jeter dans » vos bras.
» Soldats ! mon espoir ne sera point trompé , » je suis le fils de vos Rois , et vous êtes Fran- » çais. »
Cette proclamation alloit sans doute réveiller, dans le cœur des Français du midi, des sentimens de fidélité et d’amour comprimés trop long-temps, mais que tous les efforts delà perversité, tout l’appareil de la terreur n’avoient pu effacer ou détruire. Il suffisoit de répandre et de faire connoître les intentions de S. A. R. Toutefois, lord Wellington, enchaîné par les instructions d'une politique incertaine et timide, s'étoit vu dans la nécessité de supplier le prince , à son arrivée à Saint-Jean-de-Luz, de ne déployer aucun titre ou caractère public , ne pouvant reconnoître encore dans S. A. R. qu’un simple volontaire de son armée. Au midi comme au nord , la détermination des alliés, a l’égard des Bourbons, étoit subordonnée au vœu que mani-