‹ Histoire des CampagnesChapitre 205 sur 267 · LIVRE XX · texte numérisé non relu

LIVRE XX

que par de plus grands sacrifices , il ordonna au maréchal Béresford de laisser une garnison à Bordeaux, et de se rallier à l'armée qui brûloit de reprendre l’ofiensive. Le maréchal , laissant environ quatre mille hommes à Bordeaux, sous le commandement immédiat du lieutenant-général comte Dalhousie , se replia aussitôt sur l’Adour. Par son loyal dévouement à la cause des Bourbons , et par l’exacte discipline qu’il sut maintenir dans une ville si importante , lord Dalhousie mérita la confiance

des Bordelais. Leur enthousiasme et leur amour »

pour l'auguste prince quis’étoit jeté dans leurs bras, brilloient au milieu des incertitudes et des chances de la guerre. Ils avoient levé spontanément un impôt volontaire , sur leurs besoins , pour subvenir aux dépenses royales. Les artisans , et jusqu’aux pauvres de la ville avoient brigué et obtenu l’honneur de former la garde du prince. Le marquis de la Rochejaquelcin fut chargé de l’organiser ; et en un clin d’œil ce bataillon sacré , ayant pour chels secondaires MM. de Gombault , Roger et de Martoric , s’éleva à six cents hommes , tous habillés et équipés. Pendant plusieurs jours Bordeaux avoit été illuminé, et ces marques de réjouissances n’avoient pas même cessé,;

quand on avoit su qu’une division française se dirigeoit avec des intentions hostiles, par la roule de Périgueux. Non-seulement Bordeaux cloit menacé à l’est par ce corps d’armée , sous les oi’dres du général Decaen , mais encore au nord parla division du général Lhuilier; d’un autre côté la résistance du fort de Blaye Interdisoit la libre navigation de la Garonne, et Bordeaux se trouvoit en ^quelque sorte isolé du reste de la France. Les bâlimens à voile ne pouvant remonter le fleuve que pendant la forte marée, l’amiral Penroseï saisit ce moment favorable pour combattre un vaisseau de guerre emboçsé qui prdtégeoit la flotille ; mais il alloit être arrêté ensuite par le canon de Blaye. Ota^vit ^loi^s, qu'on ne pourroit réduire la forteresse qu’en l’attaquant de vive force. Déjà lord Dalhousie avoit passé la Gironde , et repoussé les troupes françaises jusqu’au- Aelà ^e la Dpiçdogne. Le général anglais, ne connoissant pas: le théâtre de la guerre , avoit piis pour .aide - de - camp le marquis de la B.ochejaquelein. Bientôt il passa lui-même la Dordogne préside Saûit-André de Cubzac , dans l’intention de sommer le fort de Blaye. ' 'Arrivé dans la plaine d’Etauliers, il trouva postés près du village de ce nom le général

Page 1