LIVRE XX
Lhuilier elle général Des Barreaux. Là il y eut un engagement sérieux ; et , après une courte résistance , les Français, inférieurs en nombre , battirent en retraite , et laissèrent trois cents prisonniers. Le détachement des alliés s’approcha immédiatement du fort de Blaye. Les habitans de la ville , n’ayant pu détenminer la garnison à capituler, venoient d’abandonner leurs maisons , ayant avec eux leur respectable maire , M. Dubic , qui , s’étant déclaré pour le roi, vint à Etaiiliers au-devant de lord Dalhousie. Déjà l’amiral Penrose avoit forcé^ l’entrée de la Gironde, et détruit la flotille. Il bombarda le fort de Blaye , qui refusoit avec obstination de se rendre. S. A. R. le duc d’Angouléme en avoit le plan exact; mais il ialloit un siège régulier pour s’emparer de la forteresse. Lord Dalhousie revint à Bordeaux pour préparer l’attaque du côté de terre. Cette ville excita sa sollicitude ; il voulut la mettre à l’abri de toute entreprise de la part des troupes françaises qui s’avançoient par Périgueux pour opérer leur jonction avec la colonne du général Lhuilier.
Mais aucune résistance ne pouvoit plus arrêter l’élan de la restauration ; déjà MM. de Mauléon et Malet de Roquefort avoient fait
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prendre la cocarde blanche , au péril de leur vie , à un corps de garde nationale d’élite qu’iU coïKmandoient à la Teste. D’un autre côté , les mouvemens de la Vendée alloicut correspondre avec ceux de Bordeaux. M. de Mesnard, des environs de Luçon , ayant conçu le projet de faire déclarer Rochefort et La Rochelle , venoit de percer jusqu'à Bordeaux, afin d’obtenir de le duc d’Angoulème des lettres de sa main pour entraîner les commandans militaires.
Le complot auroit éclaté le lundi de Pâques à La Rochelle : douze cents conscrits cachés dévoient se joindre à un parti dans la ville , tout prêt à ouvrir les portes aux royalistes conduits par M. de Saint-Marceau. L’insurrection du Poitou étoit aussi combinée avec ces tentatives. M. de Baschu, officier de dragons, s’étoit déjà concerté avec le comte de Snzannet, aux environs de Nantes; il venoit d’arriver à travers mille dangers, pour supplier S. A. R. de se mettre à la tcle des royalistes de l’ouest, et de se faire précéder par le marquis de la Rl^chejaquclein. La Vendée réclamoit quinze mille fusils et de la poudre. Trois cents canonniers garde-côtes avoient foi'iné le hardi projet d’arrêter leurs officiers,