‹ Histoire des CampagnesChapitre 207 sur 267 · LIVRE XX · texte numérisé non relu

LIVRE XX

le jour fixé pour l’insurrection générale , et d’arborer le drapeau blanc au moment même où le comte de Suzannet, dans le Bas-Poitou, et le comte Charles d'Autichamp , dans l’Anjou , fcroient sonner le tocsin aux cris de / Vie \ le Roi! On vit arriver aussi de l’ancienne Vendée un meunier angevin, nommé Pierre Cochet, homme intrépide, qui avoit participé aux trois guerres civiles; le marquis de la Bochejaquelein le chargea d’aller soulever les environs de Mortagne.

Bordeaux, cependant n’étoit protégé que par le détachement de lord Dalhousie. A la vérité les milices anglaises sollicitoient la faveur de voler à la défense de la capitale de la Guienne ; déjà même le marquis de Buckingham s’étoit embarqué avec quatre mille hommes pour l’emhouchure de la Gironde ; mais les vents contraires ayant retardé l’expédition, elle ne parut que lorsque toute la France partageoit la délivrance de Bordeaux.

Tandis que cette ville et la Vendée devf;noient le foyer de l’insurrection royaliste , lord Wellington, marchoit à la conquête du I.anguedoc.

Ses divers détachemens et les réserves de cavalerie et d’artillerie venant d’Espagne , ne

Favoient joint que le 17 mars. Dans Fintervalle le maréchal Soult , ne jugeant pas sa position très-sûre , s’étoit retiré à Lambege dans la direction de Tarbes, laissant ses avantpostes vers Conches.

L’armée de "Wellington se mit en marche le i8, et bientôt le lieutenant-général Hill repoussa les postes avancés des Français , qui , à la faveur de la nuit , se replièrent sur Vicen-Bigorre.

Près de Vie , les deux divisions du général comte d’Erlon , laissant passer le i-este de l’armée , s’embusquèrent dans les vignes , et reçurent à coups de fusil l’avant-garde, anglaise , commandée par le lieutenant-général Clinton. En vain ce général s’efforça de les débusquer ; il fut repoussé avec perte. L’arrière-garde , à la faveur de la nuit , rejoignit le maréchal Soult. Aussitôt l’armée alliée occupa Viccn-Bigorre et Rabastens , tandis que l’armée française se dirigeoit vers Tarbes. Cette ville n’offrant pas une ligne militaire , le maréchal Soult prit position à une demi-lieue , sur la hauteur vers le moulin à vent d’Oléac , son centre et sa gauche en arrière , sur les collines près d’Angos.

Peu de villes se présentent aussi agréa-

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