LIVRE XX
eux , et sachant rarmée anglaise dans le voisinage , s’écria, sans les reconnoître : « Vive le Roi! Vivent les Anglais ! Vive W dlington /» Les généraux eurent le bon esprit d’attribuer CCS acclamations à la frayeur , et poursuivirent leur route vers Saint-Gaudens.
CependantW ellington avoit surpris à Tarbes une partie des ressources du maréchal Soult ; dès ce moment l’armée française manqua de tout. Dès lors aussi elle ne se crut en sûreté nulle part, et ne songea qu’à se réfugier sous les murs de Toulouse.
Partout où Wellington faisoit des progrès, le pays se déclaroit pour le roi , ou s’organisoît pour la cause royale. La ville de Pau arbora le drapeau blanc ; le capitaine de gendarmerie qui y commandoit , passa avec scs gendarmes du côté des alliés. Persistant toutefois dans son système de circonspection, Wellington n’entra point à Pau , pour ne pas compromettre une ville qu’il regardoit comme sacrée. Tous les Béarnais , à l’abri du berceau de Henri IV, furent traités avec des égards qui leur épargnoient les charges de la guerre.
Lord Wellington paroît avoir eu l’intention de couper la retraite de Toulouse au maréchal
;(3a CAMPAGNE DE i8i4;
Soult. Deux routes conduisent de Tarbes â cette ville , celle de Saint-Gaudens et celle d’Auch. La première décrit une espèce d’arc ; l’autre suit une ligne droite. Les Anglais maîtres de la seconde , pouvoient arriver à Toulouse avant l’armée française , et , la privant ainsi de toutes ses ressources, la contraindre de se jeter dans les montagnes du pays de Foix. Le maréchal Soult profila de la circonspection de son trop prudent adversaire , qui sembloit négliger les avantages du nombre, du terrain et des événemens; il rallia son armée , prit la route transversale qui conduit de Saint-Gaudens à Auch , et gagnant , par l’habileté de sa retraite, trois marches sur "VN’^ellington , il arriva intact , et avec une célérité incroyable , sous les murs de la capitale du Languedoc. Dès lors on put pressentir qu’el le seroit détendue et disputée avec tout l’acharnement de la valeur française.
Toulouse , l’une des plus anciennes et des plus célèbres villes de F rance , est environnée de plaines fertiles , abondantes en blé , 'entrecoupées de rivières et de ruisseaux qui forment de belles et vastes prairies. Elle s’étend sur la rive droite de la Garonne , un quart de lieue au-dessus de son confluent avec le fa-