LIVRE XX
Ineux canal de Languedoc , communiquant ainsi aux deux mers , dont elle est à peu près à une distance égale. Sa figure est circulaire,
, en comprenant dans son enceinte, qui embrasse une lieue de circonférence , le faubourg Saint-Cyprien , séparé de la ville par un pont magnifique sur la Garonne. Les murailles de Toulouse , qui sont flanquées de tours rondes / placées de distance en distance , forment un rempart autour de la ville. On y entre par huit portes; la plupart de ses rues sont étroites et tortueuses , et ses maisons bâties en briques. On y remarque plusieurs hôtels et quelques beaux édifices , entre autres , rHôtel-de-Ville ,' connu sous le nom de Capitole. Sa population qui ne répond plus maintenant à la grandeur de la ville , a baissé , depuis vingt ans , de quatre-vingt mille âmes à cinquante raille : effet d’une révolution désastreuse et d’un cruel système de guerre. A la vérité, le génie des Toulousains se tourne plutôt vers les sciences et les lettres, que vers l’industrie et le commerce. Leurs mœurs , nobles ét libérales , leur faisoient détester le gouvernement oppresseur de Napoléon. En vain son commissaire , comte Caffarclli , par un arrêté du 29 mars , venoit de déclarer en état de siège tout le départea- 28
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ment de la Haute-Garonne. « Il faut, avoiMl » dit , il faut que tout citoyen devienne soldat, » et que tout fonctionnaire , sans exception , J) donne l’exemple : Napoléon , patrie , h.on~ » ne«r, doivent être la devise des Français J» jusqu’au dernier moment de leur vie. >»
• Mais ce culte , érigé au despotisme par ses ministres et ses principaux affidés , ne trouvoit presque plus de zélateurs à Toulouse. La confédération royaliste y avoit étendu aisément ses ramifications, et cette ville aspiroità imiter Bordeaux, et à devancer Paris, dont la délivrance lui étoit alors inconnue. Les traits qui signalèrent le grand événement que nous allons décrire , honorent • Toulouse , où l’urbanité s’allie au patriotisme ,' et l’hdmanké au 'courage.
Depuis près de trois ans cette ville importante étoit aussi le centre d’une organisation royaliste du midi. M. Hypolite de Solages, et, après sa mort , MM. dé Berthier , ses beauxfrères, en avoient posé les bases et préparé en secret les - élcmens. Le i comte Robert de Mac-Garthy, par la sagesse -de ses conseils , avoit imprimé à la’ confédération une marche sûre en la dérobant aux investigations de la police Iæ moment d’agir approchoit i les