LIVRE XX
allies pénëtroient de tous côtés dans le coeur de la France, quand les royalistes de Toulouse , impatiens de connoître les vues de lord Wellington, lui députèrent le baron d’Arbou- Castillon , gentilhomme plein de zèle et de lumières , et qu’animoit le seul désir de coopérer à la restauration. 11 s'étoit mis en marçhe dès le 9 janvier; mais les pluies, inondant les Pyrénées à cette époque , il ne put suivre la route des montagnes. En vain à Bayonne , à Peyrehorade et à Orthès , veut-il pénétrer dans le pays basque; deux fois ses guides,' poussés en avant, tombent dans les coureurs de l'armée française; il quitte Bayonne le 5 février , mais avec la certitude qu’un auguste personnage est enfin arrivé au quartier-général de Wellington. Cette nouvelle douteuse jusqu’alors étant confirmée par le retour de M. d’Arbou - Castillon , les royalistes Toulousains étendent aussitôt leur organisation secrète sous le nom de Confédération chrétienne. On lève des bataillons , qui se subdivisent en compagnies , et embrassent le$ différens quartiers de la ville. Les comtes du Pac , de Guintrand et de Juliac; les chevaliers de Fumel et de Villèle; le vicomte de Vaudrcuil; le baron Moubel-d’ Orges; MM. de
aS.
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Raymond , MM. d’Areigne , Victor de Mar.sa(î et d’autres gentilshommes , forment un état militaire , sous les ordres immédiats du comte d’Hargicourt , ancien maréchal-de-camp. Les opérations étoient dirigées également par le comte Louis de Berthier(i) intermédiaire, et agent du comité de Paris. MM. d’Arbou- Castillon et de Cantalause , partageant ses travaux , combinoient les mouvemens de la Haute- Garonne avec ceux de quelques départemens voisins , tels que le Tarn , l’Aveyron , Tarn et Garonne , où les royalistes s’organisoient avec un égal dévouement.
Tout s’avançoit avec ordre et dans le mystère , du moins les royalistes de Toulouse étoient-ils dans une parfaite sécurité. Cependant le commissaire extraordinaire Caffarelli avoit pénétré leurs projets, et obtenu meme, dit-on , la liste exacte des principaux membres de la confédération chrétienne. Mais cette fois les intérêts de la politique furent immolés à l’empire de la beauté, trop rare sacrifice sous le gouvernement d’un soldat parvenu. On en fut redevable à une femme au-dessus de son sexe , par les ornemens de l’esprit et par la «
(i) Connu dans le parti royaliste sous le nom de Bénigne.