‹ Histoire des CampagnesChapitre 213 sur 267 · LIVRE XX · texte numérisé non relu

LIVRE XX

du faubourg Saint-Cyprien de forts ouvrages de campagne en avant de l’ancien rempart, fermant ainsi le faubourg de tous côtés. Une forte redoute défendoit l’entrée par la route d’Auch , et une autre s’éleva sur le pont neuf qu’on barricada. On construisit également trois tètes de pont sur le canal : la première au pont du passage, la deuxième à celui des Minimes et la troisième au pont qui aboutit à la route d’Albi. Tous étoient défendus par une artillerie formidable. Ces fortifications extérieures n’étoient encore que les points avancés du grand système d’ouvrages conçu par le maréchal Soult. Après avoir établi une ligne défensive le long du canal , il fit encore fortifier toute la droite de sa position. Au-delà du canal , vers l’est , et de là à la rivière d’Ers , Toulouse est protégée par un coteau ,’ ou chaine de collines, qui s’étend jusqu’à Montaudran , et que traversent toutes les routes qui conduisent vers le canal et vers la ville. Le maréchal fit élever sur la croupe du coteau cinq redoutes liées les unes aux autres par des lignes retranchées', battant sur tous les points,’ se protégeant mutuellement, et dont les ouvrages furent improvisés avec une ardeur extraordinaire. Requis de vive force , formant

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en secret des vœux pour une révolution politique, les Toulousains mirent la main à la pioche et à la pelle ; et en trois fois vingtqualre heures , ils créèrent ce chef-d’œuvre de l’art , monument de la vivacité de leur caractère. Ces préparatifs de défense terminés , le maréchal Soult fit rompre tous les ponts sur l’Ers , à portée de l’armée ennemie , afin qu’elle ne pût aborder la droite de sa position.

Les dehors de Toulouse étoient déjà hérissés d’ouvrages, quand Wellington, trois jours après l’arrivée du maréchal Soult, parut avec toute son armée , forte de dix à douze mille chevaux, et de cinquante mille fantassins. Ses lignes furent établies aussitôt en forme de croissant, à trois quarts de lieue de distance de la position formidable occupée par l'armée fran-, çaise.

L’intention de Wellington étoit d’attaquer 'dès le lendemain ; mais il différa , ayant reçu l’avis que des partisans , mêlés à des compagnies franches, cherchoient à inquiéter les derrières de son armée , et que des rassemblemens formés dans les villes d’IIauterive , Cintegabelle Saint-Hibar, s’étendoient vers Saint- Girons pour enlever ses convois et le harceler. Déjà même un convoi de bœufs ve-

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