‹ Histoire des CampagnesChapitre 214 sur 267 · LIVRE XX · texte numérisé non relu

LIVRE XX

noit d’être pris. Wellington envoya sur ses derrières de gros partis de cavalerie anglaise , qui balayèrent le pays. En trois jours , tout rentra dans l’ordre, le peuple des campagnes cherchant partout à favoriser les opérations des alliés , et se prononçant contre les bandits , qui , sous prétexte de s'armer pour défendre la cause de Napoléon , ne cherchoient que pillage et déprédations.

Vivres , convois , munitions , tout parvenoit en abondance au camp de Wellington, qui payoit chaque objet au-delà de sa valeur intrinsèque , tandis que l’armée du maréchal Soult , dénuée de tout , ne voyoit rien arriver de ce qui étoit requis et fourni. L’accès du camp ennemi étoit libre et ouvert à quiconque alloik et venoit ; au contraire , on ne sortoit plus de la ligne française , dès qu’on y étoit entré.

Cependant Wellington hésitoit d’attaquer Toulouse du côté de l’ouest, ne voulant pas sacrifier le faul>ourg Saint-Cyprien, où tout étoit préparé pour une résistance opiniâtre. Instruit que le faubourg Saint-Michel n’avoit aucun moyen de défense , le général ennemi détacha quinze mille hommes sur la route de Foix, et jeta un pont volant à Pinsoguel , espérant que, de là, ses troupes gagneroicnt le

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pont de Cintegabelle pour tourner Toulouse par le faubourg Saint-Michel , et I9 route de Carcassonne. Mais cette expédition fut contrariée par le niauvais état des chemins , et par l'accumulation des boues tenaces du Laura-' guais , que toutes les ressources militaires ne purent surmonter.

Ayant alors reconnu que les routes de l’Arriège à Toulouse étoient impraticables pour la cavalerie et l’artillerie, et presque même pour l’infanterie , W ellington jugea qu’il ne lui restoit plus d’autre parti à prendre que d'attaquer le maréchal Soult dans sa position retranchée.

Le maréchal venoit de concentrer ses forces , dans une ligne moins étendue, ayant ainsi plus de troupes disponibles pour garnir les redoutes; une partie passa la Garonne. Sa gauche , placée derrière les murs du cimetière Saint-Cyprien , se prolongeoit circulairement sur le terrain des belles allées qui venoient d’être abattues; «t sa droite étoit appuyée à l’embouchure du canal du Languedoc , ayant ses postes avancés à un quart de lieue en avant du canal , à la maison nommée Thidlerie.

Wellington resserra également sa ligne, et fit scs dispositions pour une attaque générale.

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