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LIVRE XX

au maréchal Suchet , le premier avis oflflciel de la nouvelle révolution qui changeoit si heureusement la face du monde; mais les ordres de départ ne furent expédiés aux bureaux de la guerre que dans la nuit du 6 au 7. M. de Saint- Simon éloit accompagné du colonel Cooke ,qui devoit instruire aussi lord W ellington des mêmes événemens. Leur mission étoit sacrée; aussi fut-elle respectée même à Blois par le gouvernement de la régence , ou du moins par le ministre de la guerre, duc de Fcltre, qui , pénétré de son importance , ouvrit aux deux parlementaires toutes les routes au-delà dé la Loire. Se dirigeant d’abord vers Bordeaux , revenant ensuite vers Toulouse , ils ne furent arrêtés ni retardés sur les bords du Tarn , comme le bruit s’en répandit faussement dans tout le midi après la bataille. Arrivés à Montauban seulement , le 1 2 avril , comment le lo auroient-ils pu prevenir le carnage sous les murs de Toulouse? Mais des courriers les avoient, dit-on, précédés dans cette même direction , et l’on ne pouvoit ignorer au quartiergénéral les événemens de Paris après dix jours d’intervalle , puisque quatre jours suffisent pour franchir l’espace qui sépare la Seine de la Garonne. 11 est d’ailleurs avéré que, sur la

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ligne d’operation , les autorités militaires des villes en état de siège , avoient reçu l’ordre d’intercepter et d’arrêter les courriers venant de la capitale (i).

Ne recevant aucun avis officiel des préliminaires qui rendoient la paix à la France , lord Wellington se disposoit à attaquer le maréchal Soult.

Déjà , voulant abréger la communication du corps espagnol posté sur la rive droite , avec le corps du lieutenant-général Hill , resté sur la rive gauche , le général anglais venoit de transporter plus haut le pont jeté sur la Garonne. Son plan d’attaque .étoit arrêté : il consistoit à faire passer la rivière d’Ers , sur le pont de la Croix-d’Orade , au corps d’armée du maréchal Béresford , pour s’emparer du village de Montblanc. Ce général devoit ensuite remonter l’Ers, et tourner ainsi ladroite de la position du maréchal Soult , tandis que le lieutenant-général ^don Manuel Freyre, avec le corps espagnol sous ses ordres , et soutenu par la cavalerie anglaise , attaqueroit de front les retranchemens. C’étoit dans la partie inférieure du canal de Languedoc que l'action de-

(i) Noua avoiu par-deTen noat la preuve légale de ce fait. ‘

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