‹ Histoire des CampagnesChapitre 220 sur 267 · LIVRE XX · texte numérisé non relu

LIVRE XX

Le lieutenant-colonel Coghlan y est frappé à mort, et le colonel Douglas a une jambe emportée. Quoique blessé egalement , le majorgénéral refuse de quitter le champ de bataille.

A trois heures la bataille étoit générale , et ia victoire encore disputée , mais elle penchoit visiblement du côté de Wellington. Ce fut alors que le maréchal Soult essaya, par une tentative désespérée , de l'arracher des mains de son heureux adversaire , en ordonnant au général Taupin , dont il avoit fait embusquer la division le long des haies , de se porter en avant et de reprendre les hauteurs. Ce mouvement , exécuté avec précision , pouvoit couper en deux l’armée combinée , en la séparant de l’aile droite commandée par le général Hill , tan* dis ^ qu'on eut acculé à un marais, vis-à-vis la troisième redoute , le corps d’armée du maréchal Béresford. Tout à coup ce général essuie aux approches du château de Guéri , vers le canal , une attaque furieuse. Mais , sorti trop tôt de son embuscade , et emporté , dit-on , par sa valeur indiscrète , le général Taupin court et se précipite témérairement sur les Anglais avant d’avoir formé sa troupe ; cette impru-dence n’échappe point à Béresford , qui ,i mettant ses soldats en bataille , commande

un feu des deux rangs. Etonnés de ces décharges inattendues, les Français se replient’ en désordre ; et Béresford les fait charger avec vigueur. Dans cet instant fatal le général Taupin , culbuté , entouré , paie de sa vie son ardeur impétueuse. Le général Lamorlierc , accouru à son secours , est blessé grièvement à la tête de sa brigade , qui rétrograde aussi en désordre ; la première brigade de la division d’Armagnac , vient en hâte pour la soutenir ^ et résiste aux Anglais ; la division battue se reforme derrière elle. Mais l’ennemi , supérieur en nombre , avoit obtenu sur tous les points un aN’antage décidé. Tandis que la sixième division anglaise continuoit à longer le sommet de la hauteur , les troupes espagnoles fâisoient un mouvement correspondant sur leur front, et l'armée du maréchal Soult étoit également débusquée des deux redoutes «t des retranchemens qui lui restoient encore sur la gauche. Dès lors Wellington s'empara facilement de la chaussée de Montaudron , qui conduit dans le Lauraguais , tournant ainsi l’armée française , et lui fermant presque toutes les issues. Le terrain n’étant pas favorable aux opérations de la cavalerie , aucune troupe à cheval n’avoit eu occasion de charger

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