‹ Histoire des CampagnesChapitre 221 sur 267 · LIVRE XX · texte numérisé non relu

LIVRE XX

ni d’an côté ni de l’autre ; mais à peine Wellington vit-il la journée décidée en sa faveur , qu’il détacha sur-le-champ sa cavalerie légère pour couper au maréchal Soult toute retraite par la route de Montpellier.

Tandis que ces grandes opérations s’effec-! tuoient sur la gauche de l’armée combinée audelà de la Garonne , le lieutenant-général Hill , avec Tailc droite , délogeoit , en deçà ,• foute la gauche de l'armée française des ouvrages extérieurs du faubourg Saint- Cyprien. Le général Picton renouveloit aussi ses attaques, et enfonçoit les troupes qui gardoient une des têtes de pont du canal ; mais sa division, ayant tenté de s’en emparer, fut repoussée avec perte. Le major-général Brisbane y reçut une blessure grave.

La bataille avoit duré douze heures, depuis sept heures du matin jusqu’à sept heures du soir; toutes les positions étoient couvertes de morts, et la ville s’étoit remplie de blessés. On y avoit transporté , pendant l’action , plusieurs officiers généraux , entr’ autres , les généraux de division Harispe et Bouret ; les généraux de brigade Berlier et Gasquet; le colonel du dixième d’infanterie de ligne, le chef de bataillon d’artillerie Marlincourt , qui

dirigeoU les batteries , et un grand nombre d’autres officiers blessés plus ou moins grièvement : tous avoient secondé , avec autant d'intrépidité que de constance , les dispositions vigoureuses du maréchal Soult.

A huit heures du soir le feu continuoit encore : deux bombes , lancées de la ville , servirent de signal comme pour le faire cesser. Du pont de la route d’Alby les soldats français apercevoient les alliés , qui , maîtres de la troisième redoute , se trouvoient placés ea quelque sorte au-dessus de leur tête. Ils les virent travailler avec ardeur à détruire les ouvrages dont ils s’étoient emparés; ils les entendirent déplorer distinctement les perles énormes qu’ils avoient essuyées dans leurs différentes attaques. Douze mille hommes ctoient hors de combat.

Maîtres de toutes les positions, établis sur trois côtés de Toulouse, les alliés venoient de forcer l’armée fiançaise de se mettre à couvert derrière le canal , et même de se jeter dans la ville , pour y trouver son salut. Les remparts en étoient garnis.

A cette journée de carnage , alloit succéder une nuit d’effroi pour les habitans de Toulouse. Peu d’entr’eux avoient vu des combats ; Ja plupart ne connoissoient la bataille san-»

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