‹ Histoire des CampagnesChapitre 223 sur 267 · LIVRE XX. 4Gi · texte numérisé non relu

LIVRE XX. 4Gi

auprès duquel plusieurs députations de la ville furent, dit-on, introduites ; toutes adressoient leurs supplications au maréchal , pour qu’il épargnât à la ville de Toulouse les malheurs dont elle étoit menacée. Bientôt se j oignirent à ces représentations réitérées les instances de plusieurs généraux ; la voix de l’humanité et de la raison dompta enfin l’intrépide maréchal il céda à des forces égales en courage , et supérieures en nombre; il fit tous ses préparatifs en silence, et abandonna la ville pendant la nuit.

L’histoire impartiale doit le dire à la louange du général anglais : il accomplit avec une rigoureuse exactitude la promesse qu’il avoit faite à M*' le duc d’Angouléme. Cet auguste prince l’avoit conjuré de ménager la bonne ville de Toulouse. Wellington ne songea plus dès lors qu’à protéger et à garantir la vie et les propriétés de ses paisibles habitans. Non seulement il fit détourner le feu dirigé contre la ville , mais il laissa défiler sans s’y opposer militairement , les troupes du maréchal Soult par la seule route qui leur fût encore ouverte. Le maréchal, précédé de son artillerie et de ses bagages , dirigea sa retraite vers le Bas-Languedoc , sur Caslelnaudary , laissant dansToulouse plus^de deux raille blessés.

'46a CAMPAGNE DE 1814.

Instruits à l’avance du départ de l’arrncé française , les royalistes de Toulouse s’étoient donné rendez-vous pour le lendemain sur la place Royale , dans la ferme résolution de se déclarer ouvertement pour le roi. L’un d’eux, M. d’Arboii-Castillon, éludant là surveillance des patrouilles de la garde urbaine , fait afficher, dans la nuit même , aux endroits les plus apparens, la proclamation adressée aux Bordelais par M*’ le duc d’Angoulême (i).

Au point du jour, les habitans étonnés de ne plus entendre de fracas militaire , sortent de leurs maisons , et parcourent les rues ; elles ëtoient désertes. La confiance renaît; on s’aborde, on se dit mutuellement que Toulouse est entièrement évacuée , que l’armée n’a pu la défendre.

Délaissée par toutes les autorités impériales; frappée long-temps de terreur par les proclamations du commissaire Gaffarelli, Toulouse abandonnée à elle-même , est bientôt entraînée par la puissance de l’opinion. Le joug de fer sous lequel cette ville avoit gémi pendant tant d an nées , étoit rompu ; et ses habitans , rendus à la liberté, reconnoissent bientôt que l’empire de

(i) Imprimée au bruit du canon et au milieu de» plus grand» dangers par M. Bernardin Despax , imprimeur à Toulouse,,

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