LIVRE XX. 4G
noient de s’assembler. M. le comte de Guintran paroit dans le lieu des séances ; il demande , au nom des citoyens , que Tautorité se déclare , et que les magistrats prennent l'écharpe blanche. L’un d’eux, M. Savy-Gardeilh , se prononce sans hésiter, et arbore la couleur royale.
On expédie aussitôt au quartier -général anglais M. d’Arbou-Castillon pour annoncer à lord Wellington, que (Toulouse vient de se déclarer pour le roi. M. d’Arbou part au galop. A peine est-il hors des portes , sur le chemin de la Lande , que des paysans , trompés par son panache blanc et par son écharpe , croient apercevoir en lui le prince que devançoit la renommée ; ils entourent ce gentilhomme , se précipitent sur lui aux cris de Vice le Roi! baisent ses bottes, ses habits, son . cheval. M. d’Arbou , vivement ému , ne peut retenir ses larmes; et, se faisant connoître, il leur dit , que Toulouse vient de secouer le joug du tyran : « Mes amis , ajoute-t-il , vous ij voulez donc aussi le roi ? — « Oui , oui ! J) s’écrient ces braves paysans ; plus de Buoj* naparte/ le Roi! » M. d’Arbou repart après leur avoir témoigné toute sa joie, et bientôt il est rencontré sur la route par MM. Poulignoz et de Norroi , porteur d’un écrit du duc a; 3o
d’Augouléme, tracé sur du taffetas, et ainsi conçu : « Je desire qu'au départ de l’armée » française , Toulouse imite l’exemple de Bor- » deaux , et se déclare pour le roi. »
S/ffne Louis Antoine.
a Ce précieux taffetas devient inutile , dit n M. d’Arbou aux deux envoyés du prince ; » notre cœur nous a dicté notre devoir : » le Roi ! »
Arrivé à Lanceguat, quartier-général de Wellington, le gentilhomme toulousain est présenté au général anglais par le major Mac- Mahon; il lui parle' en ces termes ; « Milord, » les habitans de Toulouse viennent de se '» montrer dignes du nom français : ils ont » reconnu Louis XVIII pour leur souverain » légitime ; le seul drapeau blanc sera désor- » mais celui des fidèles Toulousains. Venez, j> Milord , venez jouir du bonheur dont nous 3) vous sommes redevables. »
Cette déclaration alarma la prudence du général anglais qui étoit encore dans une ignorance complète desévénemens de Paris. « Vous » avez agi avec bien de la précipitation , dit-il , 3) à l’envoyé toulousain; ignorez-vous qu’on » traite à Châtillon avec Buonaparte ? S’il