LIVRE XX
» de Paris appellent au trône Louis XVIII ; la » capitale et l’armée rejettent l’usurpateur et » sa famille. »
L’enthousiasme se manifesta alors dans toute son énergie. Par un échange momentané, gage de la plus sincère confiance , les Anglais prennent la cocarde blanche , et les Toulousains unissent la cocarde noire aux signes de la restauration. Wellington lui-même arbore la couleur de nos rois , et dit avec transport et simplicité : « Je ne donnerois pas pour bcau- » coup la manière glorieuse dont s’est déclarée » la ville de Toulouse avant de connoître les » événemens de Paris. »
L’histoire doit le remarquer : les Toulousains dans cette grande circonstance ne reçurent l’impulsion que d’eux-mêmes , ^t ils la donnèrent à leurs propres magistrats qui , cédant à l’unanimité des vœux , se prononcèrent pour la cause royale. La position des Toulousains parutsi critique au général espagnol Alava,
, qu’il expédia dans la matinée même un courrier à son gouvernement pour être autorisé à soutenir les royalistes de Toulouse si l’armée anglaise venoit à évacuer la ville , et à les prémunir contre les revers en leur assurant une retraite en Espagne. Honneur à la ville de
Toulouse ! libre dans ses vœux , elle a donn€ à ses souverains légitimes le glorieux et hardi témoignage de son dévouement à leur cause y. avant même d’avoir le moindre indice que Dieu et les hommes s’étoient déclarés en leur faveur. Elle en reçut bientôt la récompense en recueillant , pour ainsi dire , dans son sein , au milieu des éclats de la joie et du ravissement , ce prince , l’amour du Midi , et l’espoir de la France.
Les Toulousains acquirent aussi d’autres litres à la reconnoissance publique : rien de plus louable et de plus touchant que l’humaiiité de la garde urbaine et des femmes de cette ville , en faveur des blessés des deux armées , qui furent recueillis avec sollicitude et un empressement religieux.
On se consoloit en songeant que les bienfaits de la paix alloient succéder enfin à tant de scènes de carnage. Le colonel Saint-Simon » expédié par le gouvernement provisoire, partit immédiatement de Toulouse , afin de porter au maréchal Soult et au maréchal Suchet les décrets du sénat, et l’adhésion des puissances alliées. Le maréchal Soult ne regarda pas d’abord ces informations comme sufïisantes pour le décider à poser les armes , et à envoyer sa