‹ Histoire des CampagnesChapitre 23 sur 267 · LIVRE XII · texte numérisé non relu

LIVRE XII

Chargé de la correspondance secrète entre la Vendée et la Touraine , M. de la Ville de Beaugé eutretenoit ces relations sans écritures» sans chiffres , et purement en personne; tout se décidoit de vive voix, dans des entrevues adroitement ménagées, et auxquelles furent appelés MM. de Sesmaison , de Barente , Thomas de Poix, et Charles d’Autichamp.

On y forma le projet de délivrer Ferdinand VII j mais des intérêts plus pressans, et les précurseurs des négociations de Valençay le firent abandonner. M. de la Rochejaquelein s'étoit rendu à Tours pour sonder les dispositions des gardes-d’honneur , auxquels il ne révéla point cependant l’existence d’une confédération secrète, quoiqu’il trouvât ces jeunes militaires favorablementdisposés.Tous les esprits étoient alors dans l’attente des résultats de la campagne de i8i3. A peine le cri : Buoruiparte a repassé le Rhin eut-il été répété d’un bout de la France à l’autre , que le cœur des royalistes de l’ouest et du midi s’ouvrit à l’espérance d’une prochaine révolution. Bordeaux étoit une des villes qui avoit eu le plus à gémir du joug de Buonaparte. Témoin , pour ainsi dire, des scènes de perfidie et d’horreur qui s’étoient passées à Bayonne, victime des mesures in-

CAMPAGNE DE iBi/fS

sensées d’un pouvoir fatal à l’Europe 7 Bor^ deaux voyoit son port fermé , et son commerce anéanti. Ses habitans avoient connu , avant le reste de la France, les revers de celui qui,' jusqu’alors , n’avoit trouvé de sûreté que dans le prestige de la victoire. Toutes les troupe» qu’il envoyoit en Espagne traversoient Bordeaux; la plupart n’y revinrent jamais. Elles furent remplacées, pour ainsi dire, par de longues colonnes de prisonniers espagnols,' victimes de la fidélité et de l’honneur, qui ,• en passant à Bayonne et à Bordeaux, s'écrioicnt : Nous nous battons pour Dieu et le Roi. L’exemple des Espagnols , unis pour reconquérir les Bourbons , enflamma les Bordelais , et leur montra , dans le lointain , la glo- i rieuse perspective de la Giiienne et de la Vendée en armes, redemandant que les fils de Henri IV leur fussent rendus. Déjà M. Taffard de Saint-Germain, hoiioréde la confiance du roi , et son commissaire à Bordeaux, y étoit à la tête d’une association composée d’un grand nombre de personnes de toutes les classes surtout de celles des artisans, dont le zèle sembloit d’autant plus louable qu’il étoit désintéressé. La prudence et le dévouement de M. Tailard inspiroient une confiance géné-

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