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raie, et rallioient toutes les volontés. M. le chevalier de Gombault étoit aussi à la tête d’une association pieuse qui avoit le même but politique ; il s’en forma d’autres spontanément pour<>la même cause, et qui bientôt reconnurent l’autorité du commissaire du roi. Le marquis de la Rochejaquelein étoit plus particulièrement attaché à l’association du chevalier de Gombault ; mais ses vues et ses espérances se portoient plus encore sur la Vendée. Le zèle et l'ardeur de ses démarches ne purent échapper à une police inquiète et ombrageuse. L’ordre fut donné de l’arrêter. Averti de ce commencement de proscription par le comte Lynch, maire de Bordeaux, il échappa aux recherches en se réfugiant au milieu de sa famille et de ses amis. En vain devint-il l’objet des perquisitions les plus sévères. Proscrit et caché, il reçut des royalistes bordelais les plus touchans témoignages d’intérêt et de dévouement. Sans rien perdre de son énergie, le marquis de la Rochejaquelein renoua en silence tous les fils qui dévoient affranchir de nouveau la Vendée , où il brûloit de se rendre. Pour s’en mieux frayer la route, il y envoya , avec des instructions particulières , l’abbé Jagault, ancien secrétaire du conseil supérieur
de la 'Vendée; il lui donna au&si la mission expresse de se rendre à Paris , pour conférer avec les principaux chefs de la confédération secrète. Cet ecclésiastique , l’un des hommes les plus éclairés de la Vendée , parcourut d’abord les déparlemens voisins , et organisa la Saintonge qui , dans le plan général d'ia^ surreclion , devoit lier la Guienne au Poitou. Déjà le Périgord étoit préparé dans les memes vues par les soins de MM. de la Roche- Aymon , d’accord avec le commissaire royal de Bordeaux. Destiné au commandement du Bas- Poitou , le comte de Suzanet élendoit ses opérations du côté de Nantes , et promettoit huit mille hommes armés à la confédération royaliste. Le comte Charles d’Autichamp disposoit aussi d’une force égale aux environs d’Angers- Sur la rive droite de la Loire , depuis cette ville jusqu’à Nantes, les royalistes réclamoient le chevalier Dandigné, que les persécutions de Buonaparte tenoient en exil , et qui , au premier signal , devoit entrer dans un pays témoin long-temps de sa fidélité et de ses exploits. Le canton de Beaupréau montroitles dispositions les plus énergiques sous l’influence du marquis de Civrac, fils cadet du duc de Lorges. Dans l’Orléanais , sgn frère aîné , le comte de
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Lorges , s'étoit assuré des royalistes de Beaugency. Déjà tcrutes les têtes fermentoient dans la Vendée , et l’on ii’y demandoit plus qu’un point de ralliement. Les conscrits se hattoient par bandes contre les gendarmes , et réclamoient à grands cris les anciens chefs vendéens. C’est ainsi que fut entraîné du côté de Vezin M. de Laberaudière , à la tête d’une colonne de paysans du Haut-Anjou. Indépendamment des bandes organisées , la masse des habitans des campagnes se seroit mise en mouvement au premier signal. La confédération gagnoit de proche en proche les provinces voisines : en peu de temps le duc de Duras étendit sort influence dans la Touraine et dans l’Orléanais,' où une foule de gentilshommes brûloient de prendre les armes. Le Berry, oùdevoit commander le marquis de Rivière , eût offert le même appui et les mêmes secours. Dans la Bretagne et dans le Maine , la confédération jetoit également de profondes racines. Les royalistes de cette dernière province étoient commandés par le comte de Vibraye , et ce chef avoit sous ses ordres le fameuxcapitaine Tranquille , qui ,■ dans sa vive impatience , devançoit les événemens. Trois mille royalistes armés n’attendoient plus , dans les arrondissemens de Vitré
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et de Fougères , que le signal de M. Piqpnef du Boisguy leur chef. M. du Breuil de Pontbriand s etoit assuré de trois mille hommes dans les Côtes-du-Nord , où tous les obstacle» s’aplanissoient devant son ardeur et son zèle. Cadoudal , frère de Georges , et M. Lemaintier, pouvoicnt rallier huit mille paysan» bas-bretons dans le pays de Vannes et de Josselin, dont le commandement principal <Jtoit destiné à M. Desol de Grisolles , retenu alors , pour son dévouement a la cause du roi > dans les prisons d’Etat de Buonaparte. M. de Lacoublaye pouvoit aussi faire insurger cinq Ù six mille Bas-Bretons dans le canton de Bignan, autrefois sous l’autorité de Guillemot. Vers Montfort, Saint-Méen et Merdrignac , MM. de Boishamon et de Bedée s’étoient assurés de deux mille hommes d’une fidélité à toute épreuve. Les environs de Quimper donnoient cinq cents honimes à la cause royale : telles étoient a peu près les forces que les royalistes de Bretagne , si long-tempsopprimés , faisoient renmtre , pour ainsi dire , de leurs cendres. Les mouvemena dans cette province dévoient correspondre avec ceux de Tancienne Vendée. La Basse-Normandie p’attendoit , pour se déclarer, que la présence
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flu chevalier de Bmlard. Indépendamment de ces forces réunies, les royalistes pouvoient compter en Bretagne sur la coopération efficace des prisonniers espagnols ; ils y étaient répandus en grand nombre, et réclamoient des armes pour donner vingt mille soldats de plus à l’armée royale. Toute la confédération de l’ouest devoit se déclarer au premier signal d’un prince de la maison de Bourbon, de S. A. R. M*' le duc de Berry, qu’on attendoit impatiemment à Jersey et sur la côte de Saint- Malo ou de Granville.
Là ne se bornoient point les forces de la ligue royale : elle e'tendoit ses ramifications jusques dans les montagnes de l’Auvergne , et surtout dans le Rouergue , sous l’influence de M. Barthelcmi de Douhet de Romanage. Ces pays agrestes, refuge de vingt mille conscrits réfractaires , servoient aussi de retraite à üii des royalistes les plus actifs et les plus dévoués aux intérêts de la maison de Bourbon : c’était le comte Louis de Berthier , dont le nom rappelle une des premières victimes de l’affreux délire de la révolution française. Persécuté et emprisonné pour ses sentimens royalistes , envoyé ensuite en exil dans les montagnes de 1 Auvergne , il y avoit tout préparé en faveur
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de son roi , de concert avec les grands propriétaires de la province ; ses intelligences s’étendoient même au-delà. L’ouverture de la campagne du midi donnant plus d’essor encore à son zèle , il parcourut secrètement â cheval la plupart des provinces montagneuses au milieu des rigueurs de l’hiver ; il avoit déjà organisé le Rouergue , le Tarn , l’Agénois et les pays voisins jusqu'à Montpellier. Dans le Rouergue les déserteurs et les conscrits étoient enrégimentés et en airoes. Toulouse devint aussi le centre d’une association royaliste , que je ferai connoître quand je retracerai les événemens politiques survenus dans cette ville célèbre. Montauban , Nismes et Montpellier renfermoient aussi un grand nombre de mécontens ; il en étoit de même de toute la Provence , et Marseille pouvoit être considéré comme un des plus ardens foyers d’opposition au gouvernement de Buonaparte.
^ C’est ainsi qu'en s’organisant le parti du roi prenoitune sorte de consistance. Dans tout le midi le succès paroissoit infaillible depuis qu’on y avoit connoissance de l’arrivée de M*' le duc d’Angoulême.
Sûr de la disposition favorable des esprits ; et persuadé que les événemens militaires