LIVRE XXI
La nouvelle se confirme qu'une bataille terrible a été livrée à cent cinquante lieues de la capitale, huiljours après la déchéance de Napoléon, et que douze mille braves ont péri dans cette mêlée sanglante. L’ange exterminateur semble étendre encore ses ailes funèbres sur Paris.
« Rien ne prouve plus évidemment , dit le » gouvernement provisoire, par l’organe du
* journal officiel (i) combien se sont rendus » criminels ceux qui ont osé intercepter les » ordres et les dépêches du gouvernement » depuis le i" de ce mois, que l’inutile effusion
* du sang qui vient d’avoir lieu sous les murs
» de Toulouse De quelle affliction pro-
» fonde n'est-on point pénétré quand on songe » qu'un si noble sang et de si glorieux sacrifices » n’étoient plus réclamés par la patrie , qu’ils
* lui ont été au contraire dérobés par un ma- » chiavélisme barbare et impardonnable ! »
L’auteur de tant de maux , que la générosité de ses ennemis rendoit encore redoutable, différoitson départ sous divers prétextes, prolongeant ainsi les alarmes des amis de la 'restauration. Au contraire, les adhérens de sa tyrannie s’agitoient quoiqu’abattus , et re-
(0 Voyei le Moniteur du i8 arril 1814.
48i CAMPAGNE DE i8t4.
innoient encore les élcmens de sa puissance; défiant' l'Éuropc armée et Inravant l’indigtiatiort piibliqaei ''
Cependant Napoléon avoit vü sft propre* garde se dissoadre eu partie^ Du 7 au 9 avril, plus de quatre mille grenadiers el^clia!^ scurs dispersés vers Orléans avoient réclamé à la . mairie de Montargis des feuilles de route pour rentrer dans leurs foyers. Abandonné par la. moitié de son armée, il voyoil le reste se fondre. Il cïi témoigna son res^enliment.avçc toute l’amertume 4® l’ambition etanouie. -
« L’armée ,’ osa dûfe ce chef ingrat , l’armée » s’est déshonorée): Je- oe .’rwux^plus' d’elle t >. elle n’est pas digne que )0. la commande. >i — « Sire, répondit te général. Bolauloy avee:; » fermeté, cette arfméc * combattu pour ^*o^s ». jusqu’à son dernier soupir, ^ et quand: flUé .
*.'perd tout, -ah! dii moins laiSsé**lui l’hoiïv. Tant de généraUH icr présens vous le » demandent avec moi. Officiera.et solda» , > » touBvetpartôot, ne-scmt-ils pas tombés pobr »• vôtre cadse' aprec la mêmè obeissanfcei?i Maisîi ti’étoit pas capable de revenir' «or son
injuste accusation 4-Teélüi ’ qui y 'trait dé
jdmne , avoit déshoTiorc des provinces , populations entières ,«■01 quelques-uns dé se»
officiers-^g^ërauit ? Il>devoit finir par calooir* nier aitssî s6n>annëc'; et ponrt^t elle* n’avôit connu, elle n'avoit vu que lui: oubliant laçasse publique , elle étoit toute dévouée à la sienne f après ses revers, ! même après scs fautes elle l'avoit salué toujours de ses mcines
acdamaiicms. i. . >•
' Mais ëét homme qtii dans les joursde sahaute fortune S’étoit vbàla tête decinqccntmillecombattahS'/ sé fromroif confiné alors avec sa garde settte i^düite à deux oti trois' niiilè Htcux soldats. Sa pensée et' ses regrets se portoient toujours' SUT' Paris dont 'il' Hsoit chaque jour les journaux avec une avide curiosité. Il les tenoit do sa main tremblante ^ et goni çeil inquiet les parcouroitrapideihënt; AnJieïi décès éloges odtréa ■ dont il' «voit été' f objet pendant quinze ans,, il n’y trdiivoitplus queek'tardiveset douloureuses vérités, il enfrémi.ssoit de cdlèit!,.et s’emportoi t en' menaces^' oubliant que son rôle venoit de finirai Revenu bientôt à lui-même, et se rappelant qu’il n’étoil plus le redoutable Napoléon,' il s’écria, dit-on, dans sa douleur : « Si l’on m’ajïuvoit adressé , il y a trois ans, la centième « 'partie des vérités que j’entends aujourd'huiv » on me veiroit encore sur le trône. » Réflcxioii^, accablante pouQ les Uches âaUeurs qnirl 'oroieat
CAMPAGNÈ DE 1814.
entouré ; pour ces fonctionnaires sans force et' sans vertu , qui , constamment prosternés à ses pieds , lui avoient vendu sans pudeur les intérêts du peuple ;,ppur, ces écrivains stipendiés, qui , dans, leurs ^ lâches écrits, avoient épuisé lès dernières fomules de la plus servile adulation ; qui s’étoîent montrés indifféreris aux malheurs publics pourvu ^ue, d une^ main avide , ils pussent ,,yeçeyp^^J’^r^ (iônt on' payoit leur
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4e chambre. Constante FavoieAt
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V se réunirent à rontaihebleâu
le général rja^ç^^fAouwalow, le généi^ autrichien Koller,. le colonel anglais Campbell et le
•3 général prussien ^Vaîdeoourg-Truchsess ,' conri inissaires des puissances alliées pour accoîn- *pagner Napoléon jusqu^au port de Fréjus, et
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