LIVRE XIT
alloient réclamer une prompte coopération , le marquis de la Rochejaquelcin prit la résolution hardie de passer à Saint-Jean-de- Luz. Arrivé secrètement à Bordeaux , il tint avec les chefs du parti royal des assemhléçs nocturnes, où figuroicnt MM. Taffard, de Gombault , Alexandre de Saluces , de Pommier, François Queryaux , Bontemps du Barry, Jean-Jacques Luetkens, le jeune Macarty , Gauthier et de Mondenard, ancien officier de marine. A la suite de ces conférences, le marquis de la Rochcjaquelein , qui ne pouvoit être détourné par aucun danger de se rendre auprès de Monseigneur le duc d’Angoulême , n'hésita plus de s’ouvrir au maire de Bordeaux. Ses sentimens pour la bonne cause éloient connus , et son autorité pouvoit être d'un, grand poids au moment de l’explosion. Quand M. de la Rochejaquelein lui révéla l’existence d’un parti royaliste organisé, le plus noble enthousiasme transporta le comté Lynch ; et , se précipitant dans les bras de la Rochejaquelein , il lui dit tout ému f « Mon ami ! vous n’avcz pas de partisan plus^ » dévoué ; c’est moi , c’est le maire de Bor- » deaux qui aspire à l’honneur de proclamer » le premier S. M. Louis XVI II. >>
Depuis long-temps cette secrète întentîoit germoit dans le cœur de M. Lynch. Il avoit fait, en novembre , un voyage à Paris, comme maire député auprès du gouvernement de Buonaparte ; il a^oit vu de près la difformité de ce gouvernement ; il en avoit sondé toutes les plaies , et il n’avoit vu de remèdes à tant de maux que le rétablissement de la dynastie légitime.
Après s’étre concerté avec M. Labartbe , autrefois à la tête d’une association royaliste , et avec MM. de Polignac , il étoit reparti pour Bordeaux , plein de la ferme volonté d’y servir puissamment les intérêts du roi.
Réunis à M. Lynch , les chefs bordelais songèrent à arrêter un plan définitif pour le succès de la cause qui faisoit l’objet de leur sollicitude et de leurs veilles. Ils voy oient lord Wellington tenir en échec l’armée du maréchal Soult , et de son côté Napoléon, tellement pressé par les armées de la confédération européenne , qu’il lui deviendroit impossible de disposer d’aucun homme contre Bordeaux. Il paroissoit d’autant plus urgent d’éclater , et de réveiller les partisans du roi , qu’un grand mouvement dans l’intérieur pouvoit produire l’effet favo*;