LIVRE XXI
> qu’elle est inique par la forme et par le y> fond,. et que d'ailleurs la nation tout entière >» la réprouve. »
. Ces accusations virulentes sembloient soulager les esprits , car le temps n’étoit plus où il sufBsoit d ’un appareil menaçant pour comprimer l’opinion publique ; toutes les barrières du despotisme étoient renversées. Il paroissoit impossible de concilier la restauration avec l'existence du sénat de Buonaparte. Son esprit d’opposition s’étoit manifesté le jour de l’entrée publique de Monsieur , comte d’Artois , par le refus d’assister en corps au Te Deurn chanté à cette occasion : il refusa également de reconnoître ce prince comme lieutenant-général du royaume , sous prétexte que la constitution n’étoit point encore acceptée. Il consentit toutefois à lui déférer luimème le gouv<?rnement, en attendant l’acceptation royale. Le gouvernement provisoire prit l’initiative. En cessant ses fonctions, il conféra, par un décret du i4 avril, le gouvernement de la France à M*' le comte d’Artois , sous le litre de lieutenant-général du royaume, jusqu’à l’arrivée de S. M. Louis XVIII. Le décret fut présenté à Monsieur par le sénat en coi'ps, et le prince Talleyrand adressa à S. A. B.
5o8 CAMPAGNE DE j84.
un discours analogue à la circonstance- Dans sa réponse le lieutenant-général du royaume dit qu’il avoit pris connoissance de la constitution, mais sans avoir reçu du roi son frèrele pouvoir de l’accepter ; que néanmoins , d’après les sentimcns et les principes du roi , qui lui étoient parfaitement connus, il pouvolt assurer que Sa Majesté en admettroit toutes les bases. La satisfaction fut générale quand on sut le lendemain que dans l’énumération des principes constitutifs du gouvernement, le prince n’avoit fait mention ni du sénat , ni de sa dotation , ni de son hérédité. On remarqua également que, dans aucune harangue adressée au lieutenant-général du royaume , il n’étoit- question de la charte du sénat de Buonaparte. On put même se former une idéedu jugement qu’en portoientles cours supérieures de judicature, par ces expressions d’un des députés de la cour royale de Dijon :
« Monseigneur, dit-11 à Monsieur , comte « d’Artois , la cour royale de Dijon s’est emj* pressée de partager le noble élan des francs » Bourguignons vers leur légitime souverain ,
» si long-temps désiré , et de signaler à la » France attentive cette vérité constitutive de j> notre antique monarchie : la race seule de