‹ Histoire des CampagnesChapitre 242 sur 267 · LIVRE XXL · texte numérisé non relu

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J» saint Louis et de Henri IV a des droits sur » nous ; et au moment heureux où leur digne » héritier vient exercer son pouvoir, qui n’a » pu être que suspendu, notre devoir est une » soumission entière et respectueuse, et notre » désir un généreux oubli des erreurs pas- » sées...... »

Cette çérité constitutive contenoit une récusation tacite de l’autorité du sénat.

Dès lors toutes les espérances se portèrent vers le monarque , véritable législateur de son peuple. Déjà l’illustre prince qui admiiiistruit le gouvernement suprême , faisoit chérir l’autorité royale , et lui concilioit tous les espiits, autant par son caractère aimable que par les talcns qu'il se trouvoit enfin à portée de développer. Toutes les réponses aux discours qui lui éloient adressés, respiroient la candeur et une dignité vraiment royale. Le prince prit de lui-même la résolution d’envoyer dans toutes les provinces du royaume des commissaires avec des pouvoirs très-étendus , pour diriger les autorités locales dans leurs mesures , et en même temps pour recueillir des informations exactes sur la situation du pays et sur les besoins des peuples. Plusieurs de ces dépositaires de sa confiance appartenoient au pre-

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Sio CAMPAGNE DE 1814.

mier ordre de l’ancienne noblesse ; les autrCJ s’e'toient déjà distingués par d’éminens services militaires ou civils.

Avant leur départ, S. A. R. leur fit connoître en ces termes les motifs qui l’avoient guidé , et les résultats qu’il attendoit de leurs opérations :

« Messieurs , je vous ai confié une mission » importante , et je vous ai choisis de ma- » nière que des Français qui ont professé des » opinions différentes , connussent également » l’état de la France. Vous apprendrez tous » combien sont nécessaires l’oubli du passé , » les sacrifices mutuels , enfin la franche réu- » nion des vœux et des volontés pour réparer » tant de désastres. Portez au peuple l’espé- » rance, et rapportez la vérité au roi : dites » partout , répétez jusque sous la chaumière » du pauvre , que le roi arrive avec les senti- » mens d’un père , et qu’il partagera le mal- » heur de ses enfans jusqu’à ce qu’il l’ait » réparé. »

Que ce langage , que ces intentions bienfaisantes différoient du ton impérieux et de la volonté despotique de l’étranger qui , pendant dix ans , avoit exercé sur la France une doroir nation arbitraire !

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