‹ Histoire des CampagnesChapitre 244 sur 267 · LIVRE XXL 5i · texte numérisé non relu

LIVRE XXL 5i

de 8üo,oüO fr. par jour , et qui pouvoient d’un moment à l’autre , développer des germes dè troubles et de guerre civile. La convention du 23 avril remplit cet objet salutaire.

Précurseur de l'autorité. royale , le lieutenant-général du royaume venoit de révéler à la»France ce qu’elle avoit à espérer d’un monarque instruit à l'école du malheur, et dès long-temps associé aux plans les plus sages; d'un priçce qui, chez une nation libre et généreuse , avoit médité sur la force que prêtent à la majesté d’un trône héréditaire les droits du peuple sagement combinés avec l’action des lois et rindépendance du .souverain.

Un concert de bénédictions et d’allégresse alloit retentir depuis le midi, qui avoit donné le signal avec tant de courage , jusqu'au nord qui se préparoit à y répondre avec tant d'unanimité. Bientôt des cris d'amour annoncèrent à la capitale ce roi si vivement désiré.

S. M. Louis XVIII avoit fait, le 20 avril son entrée publique à Londres, avec tout le cérémonial dû à son haut rang. De là s’étant mis en route pour Douvres, le roi y avoit trouvé préparés plusieurs yachts* avec une somptuosité digne de la nation britannique et digne des Bourbons. ’ a.

Si4 CAMPAGNE Î)E 1814;

Le 23 avril, S. M. s’embarqua sur le P\oyat Soicreing, et quitta le rivage hospitalier de l'Angleterre en présence d’un concours de spectateurs , tel que Douvres n’en avoit pas vu de pareil depuis le jour que Charles II , venant de Hollande , y débarqua pour remonter sur son trône. Au moment où le navire , espoir <le la France, mit à la voile, escorté par la frégate le Jason, que montoit l’amiral de la flotte , le duc de Clarencc , Iq^ cris de joie se mêlèrent aux acclamations de la multitude, et aux détonations répétées de l’artillerie de terre et de mer. Le ciel se montra , propice à ce court trajet qui promettoit de. si heureux jours.

Avant même que le yacht , chargé de l’auguste dépôt , sortît du port de Douvres , le rivage de Calais, les remparts de la ville et tous les points élevés étoient déjà couverts d'une foule immense d’habitans auxquels s’etoient joints ceux des villes et des campagnes voisines. Enfin , le â5 avril , le canon se fait entendre ; bientôt on découvre à l’hoi’iKon huit vaisseaux de ligne et plusieurs autres -liàtimens. Toutes les voiles étoient déployées * et cette escadre s’avançoit avec rapidité , secondée par un vent favorable. A l’instant

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