‹ Histoire des CampagnesChapitre 245 sur 267 · LIVRE XXI. * Bi · texte numérisé non relu

LIVRE XXI. * Bi

même les autorisés , les officiers généraux , l’ctat-major se portent sur la grande jetée de pierre , lieu désigné pour le débarquement ; une musique nombreuse ouvroit la marche , et faisoit entendre l’air chéri des Français.

Cependant les vais.scaux approchent de la rade ; un bâtiment léger est en avant, et uri autre plus magnifiquement orné le suit de près. Il porte les destinées de la France; il double la jetée , entre dans le port toutes les voiles déployées, s’avance avec une vitesse presque inquiétante , et s’arrête tout à coup comme retenu par une force invisible. A l’instant même on entend l’immense population qui couvTe le rivage , s’écrier : Le voilà , c'est lui , le voilà , le Roi , f^ive le Roi ! L'ive Madame ! Vivent à jamais les Bourbons t Le canon de tous les forts , et le son des instrumens répondent à ces cris poussés jusqu’aux deux.... Le roi se fait bientôt reconnoître au milieu de la famille royale et de ses serviteurs fidèles. Seul il ôte son chapeau, et levant les yeux vers le ciel , il met la main droite sut son cœur, et adresse ses temercîmens et seà hommages au souverain maître des peuples et des rois. La foule qui borde le rivage partage ce sentiment religieux; le monarque porte

5i6 CXmPAGNE de 1814.

aussitôt ses regards sur soir peuple auquel il tend ses bras paternels.

Les cris, les gestes de la foule répondent à ce signe de tendresse d’un père qui retrouve ses enfans après de longues souffrances. Tou» les yeux répandent des larmes , et des sanglots se font entendre. On est attendri , on se trouble, on se mêle , et ce désordre ajoute à ce qu’une pareille scène offre de toucharft et de pathétique.

Tous les yeux se portent successivement sur la duchesse d’Angouléme , sur cette auguste princesse, fille adoptive de son roi , modèle accompli de toutes les vertus ; sur le valeureux prince de Coudé , sur son illustre fils le duc de Bourbon. Les acclamations redoublent^ et on entend les cris : Vive Madame! Vive la duchesse (T Angoulême l Vivent les princes t Le roi quitte le vaisseau, met le pied sur le sol de la France , et les airs retentissent de nouvelles acclamations, de nouveaux chants d’allégresse. Le roi s’avance au milieu des transports de ses sujets ; et, tel qu’un ange de paix , il rapproche tout à coup deux nations en guerre depuis tant d’années ; il les rapproche avant même qu’aucun traité consacre leur réconciliation. Une calèche découverte transporte le roi y Madame , et les princes vers la.

Page 1