‹ Histoire des CampagnesChapitre 246 sur 267 · LIVRE XXI · texte numérisé non relu

LIVRE XXI

ville : le cortèges’avance entre deux haies de gardes nationales ef de troupes de ligne; il est arrêté un moment par les hommages du cierge. « Monsieur le curé , répond le roi , le ciel , après vingt ans d’absence , me rend à mes en- >1 fans : allons remercierDieu dansson temple. • A la sortie de l’église , les élans de la joie , qui n’avoient été que suspendus , n’en furent que plus marqués, et ne cessèrent d’éclater jusqu’au palais préparé pour recevoir le monarque. Les autorités civiles et militaires, admises en sa présence, reçurent bientôt les plus touchans témoignages de son affabilité et de sa bonté royale.

Les troupes du général Maison , commandant à Lille, avoient fait vingt-huit lieues en' vingt-quatre heures pour venir au-devant du roi; ce général, son état-major et l’adresse de son armée furent aux pieds du monarque à son débarquement.

Le 26 avril , le roi , Madame et les princes,emportant les bénédictions des Calaisiens , se dirigèrent vers la capitale par Boulogne , Montreuil , Abbeville , Amiens et Compïègne. La population des villes et des campagnes garnissoit les routes , et partout, sur leur passage,' les chemins étoient jonchés dq verdure et dq

fleurs ; les maisons çt les fenctres éloient pa- \oisées de drapeaux blancs ; des essaims de fldè les serviteurs apportoient aux pieds du roi l’houimage de tous les Français.

. « Enfin , le frère de Louis XVI , le petit- » fils de Henri IV et de saint Louis , l’héritier » de leurs droits et de leurs coeurs, est rentre j> sur la terre de ses ancêtres! Louis XVIII » avance vers sa capitale à travers les peuples 3) des villes et des campagnes , dont les flots 3» l’environnent j qui, sur chacun de ses pas, i> . veulent imprimer un hommage de respect 3> . et d’amour ; qui , dans chacun de scs regards , 3> trouvent un rayon de d’espé-

3> rance; qui déjà lui doivent la sécurité de 3>, leurs bieqs , de ,leur industrie , de leurs personnes, de leurs enCans, de leurs pen- 3> sces, de leur sommeil (j). »

Qn avoit annoncé le roi au château de Compiègne pour le 29 avril ; une foule de personnes arrivaient continuellement de Paris ; toutes étoiept , comme du temps d’Henri IV , clamées de voir un roi. On voyoil sur les visages , dans l’aUenlc du souverain, un certain mélange d’étonneraeut ,. de crainte ,; diamour et

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