‹ Histoire des CampagnesChapitre 247 sur 267 · LIVRE XXL 3i · texte numérisé non relu

LIVRE XXL 3i

de respect. Des courriers se succédoient d'heur» en heure, annonçant l’approche du roi. Des soldats mêlés à la garde nalionale bordoient la haie. Enfin le roi arrive précédé des maréchaux de France et des généraux qui étoient allés au-^ devant de la voiture royale. Aux cris de h Roi! succèdent alors des clameui's confuses dans lesquelles on ne distingue que les accens de rattendrissement et de la joie. Le roi descend de sa voilure, soutenu, par la duchesse d’Angoulèrae , et la France croit voir son père. Ni le roi, ni Madame, ni les maréchaux, ni les soldats, ne peuvent parler : on ne s’exprime que par des larmes. Parvenu dans l'appartemenl qui lui est préparé., le ijui s'avance au milieu de la foule dont il reçoit et accueillit les hommages. 11 s'adresse d’abord aux maréchaux de F rance et aux généraux. « Messietira » 'leur dit-il, je suis heureux de me trouver. » au milieu de vous; et il ajoute, avec un » accent plus élevé.: Jieureuæ et fier! » Ce» braves capitaines se montrent touchés de cette bonté du souverain; tous les généraux, toutes les personnes présentées obtiennent du roi les pa rolesles plus affectueuses; tous les coeurs sont subjugués. On entend de .tous côtés ces moùj prononcés avec l'acGent de la sincérité ;i

5a& CAMPAGNE DE i8i4.

« Il verra comme nous le sentirons : c’est fini

» nous sommes à lui pour la vie. » Les exilés revenus avec leur ayguste maître, et tous les officiers de l’armée , se serroient les mains comme des frères, en disant : « Plus de fac- » lions! plus de partis! tous pour Louis XVIII.»

Telle étoit la force morale du .souverain légitime , et cette magie attachée au nom du roi. Arrivé seul de l’exil , dépouillé de tout , sans suite , .sans gardes , sans riclie.sses , n'ayant rien adonner, presque rien à promettre, le roi descend de .sa voiture , appuyé sur la fille de saint Louis ; il se montre à des capitaines qui ne l’ont jamais vu, à des grenadiers qui savent à peine son nom. INIais c’est le roi ; tout tombe à ses pieds : l’armée, les grands, le peuple. , De Compiègne , le monarque dirigea sa marche vers It château de Saint-Ouen, près Paris, où il .s’arrêta.

J C’étoit avec une secrète impatience , mais avec un sentiment religieux que la nation attendoit le premicracte public émané de l’autorité de son roi ; la première déclaration qui révéleroit aux Français les principes sur lesquels alloit être fondé le gouvernement royal. Seroitjl absolu, seroit-il limité? Sans doute le roi ponvoit sans presque aucun obstacle rétablir

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