‹ Histoire des CampagnesChapitre 251 sur 267 · LIVRE XXL 5aS · texte numérisé non relu

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» le trône , vous succédez à vingt années de » ruine et de malheurs. Cet héritage pourroit » effrayer une vertu commune. La réparation » d’un si grand désordre veut le dévouement » d’un grand courage : il faut des prodigas » pour guérir les blessures de la patrie; mais » nous sommes vos enfans , et les prodiges » sont réservés à vos soins paternels.

» Plus les circonstances sont difficiles , plus » l’autorité royale doit être puissante et ré- » vérée : en parlant à l’imagination par tous » les éclats des anciens souvenirs , elle saura » se concilier tous les vœux de la raison mo- » deme, en lui empruntant les 'plus sages » théories politiques.

» Une charte constitutionnelle réunira tous » les intérêts à celui du trône , et fortifiera » la volonté première du concours de toutes » les volontés.

» Vous savez mieux que nous, Sire, que J) de telles. institutions si bien éprouvées chez » un peuple voisin , donnept des appuis , et » non des barrières aux monarques amis des. » lois et pères des peuples.

» Oui , Sire , la nation et le sénat pleins » de confiance dans les hautes lumières et » dans les sentimens magnanimes de Votre

SaG CAMPAGNE DE 1814.

yi Majesté, désirent avec elle que la Franc# » soit libre pour que le roi soit puissant. »

Le Iloi témoigna qu’il étoit sensible à l’expression, des sentimens du sénat, et qu’il agréoit avec satisfaction ses vœux et ses hommages.

Une députation du côrps législatif fut aussi présentée , et le roi l’accueillit avec les expressions d’une égale bienveillance.

Accompagné par des acclamations unanimes ,• des frontières du royaume jusqu’aux portes de sa capitale , le monarque si impatiemment attendu, alloit y faire sort -entrée solennelle. La jouCnée du 4 ï^ai avoit été choisie. Le soleil se leva sans nuages ; et jamais un plus beail jour n’éclaira un plus beau spectacle. Dans la Vaste enceinte de Paris , et dans les campagnes voisines, toutes les affaires, tous les travaux étoient suspendus. Toutes les affections se concentrèrent dans un seul intérêt ,' dans un objet unique d’attention , de curiosité et d’amour. Jj’arrivée du monarque sembloit réunir tous les cœurs , et effacer le souvenir des discordes civiles. Dès le grand matin , des guirlandes , des couronnes , des tapis précieüx , revêtus d’ingénieux emblèmes , flottèrent aux fenêtres et devant la porte de la plupart des

maisons. La garde nationale se mit sous les armes , et le canon se fit entendre , en se mêlant au son des cloches. Le.s prêtres , rassembles dans les églises , comme aux fêtes les plus augustes , clevoient les mains au ciel , et remercioient Dieu, qui ramcnoit le bonheur en IVance , en lui rendant son libérateur et son roi.

Déjà les familles parisiennes , hommes , femmes et enfans , voloient au-devant du prince. Une foule immense s’étoil portée des barrières' du nord sur la route de Saint-Ouen; elle fut

bientôt couverte de six rangs de spectateurs^ aussi serrés qu’ils anroient pu l’être dans leè rues même de là capitale. A la vue de celte affluence qui n’auroit dit que la ville étoit déserte, tandis qu’on ne pouvoit comprendre,* dans la ville , inondée des flots d’une popula-^ tion curieuse , qu’il y eût foule hors des bar*rières? 11 étoit onze heures du matin; tous les yeux cherchoient le roi. On aperçut enfin .son cortège , formé des maréchaux de France, des ofliciers-généraux de l’àrraée , et de tous les Seigneurs de la cour. La garde nationale à pied et à cheval , la garde royale , et des détâchin mens de troupes de ligne, étoieüt rangés ert bataille. Le ra'onarqüe , en habit bleu ^ avec

les épaulettes de général , parut dans une calèche découverte, riche et élégante, attelée de huit superbes chevaux blancs. A la gauche du roi , étolt l’auguste fdle de Louis XVI. Visà-vis , étoient placés le prince de Condé, et son fils, le duc de Bourbon; Tun et l’autre,; dignes héritiers de la gloire du grand Condé. Monsieur, comte d’Artois, et son fils, le duc de Berry, arrivé récemment au.milieu des acclamations de la Normandie entière , mar- ‘choient, à cheval , à droite et à gauche de la calèche royale. Toutes les" voix’poussoient les mêmes cris : yi*>e le '%oi / P'ive Ma’daiv^e ! Vivent nos prîncés l 'Vpvenl les Bourbons / Le

îa**t arrière

Saint-Denis, où S. M. fut réçué^pàrle préfet du départëWêfit *de la Seine, entouré des douze maires et de tout le conseil niupicipal. Le roi répondit, à peu près en ces termes, à la harangue de ce magistrat : « Je me réjouis » de me réunir à mes enfans..... Je touche les » clés de ma^ bonne ville de Paris , mais je » vous les remets; je ne puis.Ij^^laisser, eii de » meilleures mains , et les cooficr' a des ma-

}) gistrats plus dignes de Iqa garder. » La joie et l’émotion des spectateurs furent alors à leur comble. A peine lè cortège fut-il enli’é

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