‹ Histoire des CampagnesChapitre 30 sur 267 · LIVRE XIII · texte numérisé non relu

LIVRE XIII

Inquiet dés suites d’un mouvement combiné qui menaçoit d’accabler sa gauche et de forcer tous les passages au-dessus .de Bayonne , et * soupçonnant que l’ennemi vouloit en venir à uue bataille, le maréchal Soult laissa dans Bayonne la division Abbé avec quinze bataillons d’élite ; et, retirant son armée du camp retranché , il la fit ' marcher sur le gave de Pau, pour faire faco à Wellington dans sa direction transversale. C’étoit abandonner Bayonne à ses seules forces : aussi le général anglais , tout en faisant manœvrer son aile droite , projetoit de faire passer' l’Adour à son aile gauche, au-dessous même de Bayonne, sous la protection de la flotille du contreamiral Penrose , mouillée à l'embouchure de la rivière.

Tous les préparatifs pour cette grande tentative venoient d’être complétés. On amarra aussitôt ensemble vingt-sept bâtimens avec des câbles d’une grosseur extraordinaire , et chacun avec des ancres , afin de tenir le pont tranquille et sûr. Cependant , 'ainsi qu’on l’avoit appréhendé , la garnison de Bayonne cherchoit à arrêter les ouvrages , en jetant dans l’Adour d’énormes pièces de bois. Deux gros mâts étoient déjà enchaînes , et tout étoit

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prêt pour les lancer, quand les vents contraire* ^nrent empêcher la flotille de mettre à la voile. Lord Wellington reconnut alors par lui-même l’indispensable nécessité de différer l’opération ; et , retournant à son aile droite , il laissa le passage de V Adour aux soins du lieutenant-général Hope.

Arrivé à Garris le 21 février, Wellington ordonna à la division légère et à la sixième division de quitter le blocus de Bayonne , et au général don Manuel Freyre de rapprocher ses cantonnemens vers Irun , afin d’être préparé à pousser en avant dès que la gauche de l’armée passeroit l’Adour; les pontons pour les coloimes d’attaque étoient déjà rassemblé» à Garris , et Wellington jeta son pont sur le gave d’Oléron , au même endroit où César avoit établi le sien, dix-ueuf siècles auparavant. Le maréchal Soult , pénétrant les intentions de l’ennemi , avoit ordonné de défendre les postes d’Hastingues et d’Oryergave , et de se replier ensuite sur Orthès , où U projetoit de concentrer l’armée.

Le 24 , le lieutenant-général Hill passa le gave à Yillenave , en présence de Wellington, tandis que le général Picton simuloit l’attaque de la division firançaise qui défeudoit Sauve-

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