‹ Histoire des CampagnesChapitre 34 sur 267 · LIVRE XIII · texte numérisé non relu

LIVRE XIII

tné, et le général Foy est blessé grièvement. Déjà le centre de l’arrnée française est tourné; Hill s’avance par la route de Pau; Clinton a dépassé la droite. 11 n'est plus temps de songer à la résistance : il faut sauver l’armée assaillie et tournée dans tous les sens. Le maréchal Soult ordonne la retraite; il est secondé par l’intrépidité de ses généraux et de scs soldats. Il se replie d’abord par échelons dans «n ordre admirable , tirant ainsi tout l’avantage possible des nombreuses positions (jue lui offroit le pays. Mais les pertes qu’il essuie dans des attaques répétées par un ennemi nombreux et acharné , et le danger dont il est menacé par le mouvement du général llill, l’obligent d’accélérer bientôt sa marche ; les alliés pressent d’ailleurs son arrière-garde , et un moment de terreur panique s’empare de ces memes soldats qui tout à l’heure méprisoient et le fer et la mort. Les dernières colonnes tombent alors dans la plus grande confusion , et le maréchal Soult a la douleur de voir une retraite si bien commencée dégénérer en déroute ; les conscrits jetoient leurs armes , et fuyoient à la débandade.

Chassée de la grande route par les colonnes du général Hill , et chargée nveraent par la

cavalerie de lord Sommerset , l’armée française dont les dernières colonnes étoienten déroute, ^agna précipitamment les hauteurs vers Sault de Navailles. La poursuite dura jusqu’à la nuit, et à la fin de la journée six pièces de canon et six cents prisonniers étoient au pouvoir de l’armée anglaise qui ne s’arrêta que dans le voisinage de Navailles. Elle eut à peine deux mille hommes hors de combat. La perte totale de l’armée française fut , dit-on , de quatre à cincj mille hommes tués ou blessés , indépendamment des prisonniers et du vide occasionné par la désertion qui fut immense. Le second mouvement d’attaque , inspiré à Wellington sur le champ de bataille , fut le plus meurtrier. Alors commença le carnage sur les points assaillis ; un escadron du vingt-unième régiment de chasseurs opposa une résistance telle , et eut tant à souffrir qu’il ne resta que huit chasseurs montes. Les Portugais montroient une dextérité singulière à tuer les chevaux et à démonter notre cavalerie. La division Foy se couvrit de gloire ; elle seule soutint pendant deux heures les assauts de trois dirisions anglaises.

Le maréchal Soult, jugeant impossible d’arrêter l’ennemi , rétablit l’ordre dans son ar-

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