‹ Histoire des CampagnesChapitre 35 sur 267 · LIVRE XllI · texte numérisé non relu

LIVRE XllI

tnée, et continua sa retraite sur Saint-Sever et sur Aires , manifestant d’abord l’intention de couvrir Bordeaux , ce qui rendit la poursuite de Wellington incertaine. Mais, dès le i" mars , le maréchal Soult , changeant de direction par un mouvement rapide , porta le gros de ses forces sur la route d’Agen , laissant tout-à-fait libre la route directe sur Bordeaux.

Cependant , le général Hill remontoit l’Adour et marchoit sur Aires , tandis que les avant-postes du centre étoient poussés jusqu’à Gasares. Déjà le maréchal Béresford , avec la brigade du colonel Vivian et la division légère , venoit de passer le Haut-Adour, et se dirigeoit en hâte sur Mont-de-Marsan. 11 occupa aussitôt cette ville , chef-lieu du département des Landes , et y prit , sans coup férir , un grand magasin de vivres ; mais les pluies avoient tellement grossi l'Adour et tous les ruisseaux qui s’y jettent , que les progrès du gros de l’armée alliée en furent ralentis. La plupart des colonnes firent halte à Saint-Sever, jusqu'à la réparation des ponts que le maréchal Soult avoit détruits. Ce général venoit de rallier trois de ses divisions' à Aires sur la rive gauche de l’Adour , soit pour protéger l’évacuation des magasins, soit pour arrêter la marche de

l’ennemi dans celte direction. Peut-être eut-il dès lors le projet de remonter l’Adour jusqu'à Tarbes , pour changer sa ligne d’opérations. Le général IIIll s’avançoit, avec l’aile droite, pour combattre son arrière-garde. Arrivé le 2 mars à une lieue de la ville , il découvrit trois divisions françaises, occupant une forte chaîne de hauteurs, ayant leur flanc droit sur l’Adour , et couvi'ant ainsi la route. Malgré la force de la po.sition, le général Hill ordonne immédiatement l’attaque; la deuxième division anglaise du général Stewart, et une brigade de la division portugaise du général Dacosta , se mettent en mouvement. L’action s’engage entre Grenade et Aires, dans le bois de Clifau. Les alliés gravissent immédiatement les hauteurs , vers la droite et le centre. La brigade portugaise panient même à gagner le sommet : là on lui oppose la plus vive résistance , et les attaqués deviennent attaquans. La brigade portugaise est repoussée avec perte , et jetée dans une telle confusion, qu’il en seroit résulté pour les alliés les plus sérieuses conséquences, sans l’appui opportun que lui prêta la division du général Stewart. Ce général venoit d’écarter , par un feu soutenu , la division qui lui étoit opposée directement; et, la voyant re-

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