LIVRE XIII
tourner pour achever d’écraser la brigade portugaise , il fait avancer des renforts , charge à son tour les Français alors assaillans, et repousse leurs colonnes. Dès ce moment,’ toutes les tentatives des généraux français pour regagner le terrain , devinrent inutiles. Le lieutenant-général Hill resta maître des positions et de la ville ; mais il eut à regretter le lieutenant-colonel Hood , tué dans la mêlée , et près de neuf cents Portugais , dont les cadavres furent jetés dans l’Adour après l’action.
Laissant à découvert les routes d’Agen , de Bordeaux et de Montauban , le maréchal Soult continua sa retraite par les deux rives de l'Adour , vers Tarbes , dans l’espoir d’être bientôt renforcé par quelques détachemens de l’armée de Catalogne. Une partie de son arrièregarde , coupée de l’Adour par la marche rapide du général Hill , se replia précipitamment vers ■la capitale du Béarn.
Tandis que Wellington, manœuvrant sur la droite de son armée , envahissoit cette province , le lieutenant-général Hope , commandant l’aile gauche , passoit l’Adour au-dessous -de Bayonne; et, de concert avec le contreamiral Penrose , il se rendoit maître des deux rives de cette rivière à son embouchure. L’état
CAMPAGNE DE iSi^i formidable de la place rassuroit les Français sur les tentatives de l'ennemi. Deux cents marins de Rochefort s’y étoient rendus pour monter les canonnières armées, protéger la navigation , et couvrir Bayonne. La barre de l’Adour paroissoit impossible à forcer , et un pont sembloit impraticable. Le général Hope n’eut d’abord à sa disposition que des pontons et des radeaux, avec lesquels, dans la soirée du 23 février, il avoit fait passer six cents hommes des gardes anglaises , et un détachement de cavalerie, qui prirent aussitôt possession de la rive droite. La garnison , formant un détachement de deux mille hommes,' attaqua immédiatement les Anglais ; mais cette sortie fut repoussée par le major - général Stopfort, secondé par l’artillerie à la Congrève. Lancées au milieu des colonnes , ces raquettes enflammées brûloient jusqu’aux habits des soldats , qui , étonnés de cette espèce de feu grégeois , lâchoient le pied. Cependant les vaisseaux destinés à former le pont , ainsi que la flotille, éprouvoient les plus cruelles difficultés en passant la barre de l’ Adour , qui brise en tout temps d’une manière effrayante. Quatre chaloupes sont englouties, d’auttes s’entr'ouvrent sur les rochers ; mais , à la fin
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