LIVRE XliT
One chaloupe trouve le passage, et jette l’ancre au milieu des flots agités : alors cette opération si dangereuse , surtout en hiver , est accomplie. On voyoit arriver successivement lés bateaux traversant la barre. En même temps une frégate française , mouillée dans l’Adour,est attaquée à coups de canon. Endommagée par une batterie de gros calibre , elle se retire sous rartillerie de la place. Bientôt le pont est établi , et tout le corps du lieutenantgénéral Hope passe , au grand étonnement des habitans stupéfaits. Ils accourent de toutes parts pour se convaincre , par leurs propres yeux, d’un événement qu’on jugeoit impossible. Le a5 février , les troupes anglaises firent les approches de la citadelle de Bayonne tandis que le lieutenant-général don Manuel Freyre se portoit en avant , avec la quatrième armée espagnole , par la route de Saint- Jeande-Luz. Le 27 , le pont étant achevé , le général Hope investit plus étroitement la citadelle , et attaqua le village de Saint-Etienne , qu’il emporta , après avoir pris un canon et fait quelques prisonniers. Vainement les chaloupes canonnières, chargées de la défense de l’Adour , manœuvrèrent pour détruire le pont si étonnamment construit, et qui assuroil la
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communication des allies. Trois de ces chaloupes furent détruites le i" mars. Les postes de l’armée de siège sont établis aussitôt , à neuf cents verges des ouvrages extérieurs de la place.
Ainsi , les opérations de lord Wellington ofFroient déjà pour résultats la retraite successive de l’armée française , la prise de ses magasins, l’investissement de Bayonne, de Na- ^ varreins et de Saint-Jean-Pied-de-Port , le pa.ssage de l’Adour sur tous les points et la possession de toutes les grandes communicafioiis sur cette rivière. En vain le maréchal Soult, après la journée d’Orthès, s’efforça de faire lever en masse les habitans du Béarn , de la Guienne et du Languedoc ; les Français du midi étoient encore moins disposés que ceux du nord à prendre les armes pour le gouvernement de Napoléon. Une révolution politique étoit inévitable dans ces trois pro^dnees : tout s’y organisoit secrètement pour la cause des Bourbons ; le pays excédé se tournoit contre l’armée française ; le maréchal Soult ne se • maintenoit plus que par l’appareil de la force. Privée de ses magasins , son armée ne pouvoit vivre qu’en frappant le pays de réquisitions violentes qui s’étendoient jusques dans le