‹ Histoire des CampagnesChapitre 38 sur 267 · LIVRE XIII · texte numérisé non relu

LIVRE XIII

département des Deux-Sèvres ; il en fut écrasé : on y leva pour six cent mille francs de denrées en nature, dont le transport à Bayonne coûta un million de francs. Les départemens du Gers, de la Haute-Garonne , de l’Arriége et du Tarn avoient fourni , en réqui^ sitions de toute espèce , plus qu’il n’en falioit pour l’entretien d’une grande armée pendant plusieurs mois; et cependant l’armée du Midi manquoit de tout au sein de la France, tandis que les troupes anglaises y trouvoientde tout à profusion , sans efforts , sans contrainte , par la seule puissance de l’or.

Quoique réduite à vingt-cinq mille soldats par tant de combats malheureux, et par la désertion des conscrits, l’armée du maréchal Soult sembloit se flatter encore de conserver à Napoléon les provinces méridionales , ou du moins vouloit-elle les disputer avec acharnement. Une déclaration attribuée à Wellington , mais dont rien ne garantit l’authenticité, et qui paroît même avoir été supposée par les royalistes , donna lieu sans doute à la proclamation énergique dont nous citerons les passages suivans : « Soldats , dit le maréchal J) Soult à son armée , de nouveaux combats » vous appellent; il n’y aura pour nous da

y> repos , attaquans’ou attaqués , que lorsque- » cette armée, formée d’élémens si extraor- » dinaires , sera entièrement anéantie , ou » qu’elle aura évacué le territoire de l’empire, }> quelle que soit sa supériorité numérique ^ » et quels que soient ses projets.

» Soldats, le général qui commande l’armée V contre laquelle nous nous battons tous les- » jours , a eu l'impudeur de vous provoquer » et de provoquer vos compatriotes à la ré- » volte et à la sédition. Il parie de paix, et les » brandons de la discorde sont à sa suite ; il » parle de paix , et il excite les Français à la » guerre civile. Grâces lui soient rendues de '» nous avoir fait connoître ses projets ! Dès y» ce moment nos forces sont centuplées , et > dès ce moment aussi il rallie lui-méme aux » aigles impériales ceux qui , séduits par de » trompeuses apparences , avoient pu croire » qu’il faisoit la guerre avec loyauté.

» On a osé insulter à l’honneur national ; on » a eu l’infamie d’exciter les Français à trahir » leurs sermens , et à être parjures envers » l’empereur : cette offense ne peut être » vengée que dans le sang. Aux armes ! que » dans tout le midi de l’empire ce cri retenw » tisse. Encore quelques jours, et ceux qui

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