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» T)nt pu croire à la sincérité et à la délica- » tesse des Anglais, apprendront à leurs dépens » que leurs artificieuses promesses n’avoient » d’autre but que d’énerver nos courages et « de nous subjuguer ; ils se rappelleront , ces » êtres pusillanimes qui calculent les sacri- 3> lices nécessaires pour sauver la patrie , j> que les Anglais , dans cette guerre , n’ont » d’autre objet que de détruire la France » par elle-même , et d’asservir les Français M comme les Portugais , les Siciliens , et tous » les peuples qui gémissent sous leur domi- » nation. Soldats ! vouons à l’opprobre et à » l’exécration générale tout Français qui aura » favorisé , d’une manière quelconque , les » projets insidieux des ennemis. Quant à nous,' » notre devoir est tracé : combattons jusqu’au » dernier les ennemis de notre auguste empe- » reur et de notre chère France ; respect aux » personnes et aux propriétés ; haine impla- » cable aux traîtres et aux ennemis du nom » français ; guerre à mort à ceux qui tente- » roient de nous diviser pour noos détruire ! » Contemplons les efforts prodigieux de notre » grand empereur et ses victoires signalées ; » soyons toujours dignes de lui 5 soyons Fran-
86 CAMPAGNE DE i8i4.
» çais, el mourons les armes à la main plutôt » que de survivre, à notre déshonneur!
» Du quartier-général, le 8 mars i8i4- »
Ainsi tout annonçoit de la part de l’armee du midi et de son chef un dévouement tel qu'il sembloit défier même les revers. Des événemens plus décisifs encore , et le cri de l’opinion publique pouvoient seuls démontrer àdes hommes accoutumés à vivre dans les camps et au milieu du carnage , que la cause qu’ils défendoient avec tant de valeur, étoit incompatible avec l’intérêt de la patrie et le bonheur des Français.
Telle étoit , en général , la disposition des esprits en Guienne et en Languedoc. Bordeaux , depuis la bataille d’Orthès , restoit pour ainsi dire à découvert , et les royalistes bordelais attendoient , avec la plus vive impatience , l’événement qui devoit leur restituer la dynastie des Bourbons. Un homme dont la moralité et les talens , dévoient rester irréprochables au milieu du choc des factions , venoit de rentrer à Bordeaux et d’y fortifier le parti royaliste : c'étoit M. Laine qui , au sein même du corps législatif, avoit opposé une résistance si honorable à la marche tyrannique de Napoléon. Il ne fut pas difficile de