LIVRE XIII
l’attacher à la cause du Roi ; lié avec le comte Lynch , il reçut ses confidences , partagea ses projets, et devint une des principales colonnes du comité royal. Mais tous les habitans de Bordeaux ne se prononçoient pas pour les Bourbons. Si la grande majorité des proprhv' taires , fatigués de la domination de Buonapartc ; si la masse du peuple cédant à l’impulsion des royalistes , se montroit disposée à participer au soulèvement ou à le lavoriser , on avoit tout à craindre d’un autre côté de l’opposition de la garde urbaine , composée alors de citoyens attachés au gouvernement de Buonaparte , ou dont les intérêts alloient se trouver compromis par une révolution politique.
Le secret de la conjuration pouvoit aussi être divulgué , mais il fut gardé religieusement jusqu’au moment décisif. Quant à la garde urbaine , le comité royal jugea.qu’elle seroit frapi>ée de stupeur et comprimée par la présence des troupes anglaises , et que son oppositicm deviendroit impuissante dès qu’on verroit le peuple seconder l’élan donné par son premier magistrat. L’événement répondit à l’altentc des royalistes, mais trop lentement encore 'au gré de leur iinpa-
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tience. L'appui des Anglais devenoit indispensable.
Les manœuvres auxquelles Wellington de* voit tous ses succès , ne formoient qu'une partie du plan qu'il avoit conçu ; elles u'étoient que le prélude de la marche en avant de toute son armée ; déjà il avoit invité M*' le duc d'Angouléme à se rendre à son quartier - général de Saint-Sever. On y vit bientôt arriver un nouveau député royaliste , M. Bontemps du Barry , qui , n'ayant pu passer à Londres , et s'étant replié sur Bordeaux, venoit renouveler les instances des Bordelab, et supplier lord Wellington de presser sa marche , donnant l'assurance formelle que la garnison trop foible pour opposer aucune résistance , évacucroit la ville à l'approche des alliés. Mais Wellington hésitoit encore à favoriser un mouvement politique , persuadé que Bordeaux n'oseroit jamais se déclarer contre Napoléon : « J'en réponds sur » ma tête , dit le marquis de la Rttchejaquelein y> au duc d’Angouléme , qui sembloit par- » tager les doutes de lord'Wellington. — > Vous êtes donc bien sûr de votre fait? ré- » pondit le prince. — Autant, monseigneur, » qu’on peut l’être d’une chose humaine. — •