‹ Histoire des CampagnesChapitre 46 sur 267 · LIVRE XllI · texte numérisé non relu

LIVRE XllI

dédommageoit de tant d’années de tyrannie et de misère.

Egalement presse par la foule qui le devançoit, et par celle qui le suivoit , le cortège marcha si lentement , que deux heures suffirent à peine pour arriver à la cathédrale. L’archevêque de Bordeaux , à la tête de son clergé, attendoit à la grande porte S. A. R. Enfin , le prince parut , et l’archevêque lui adressa le discours suivant :

« Monseigneur, affligés par une longue suite » de calamités de toute espèce, nous avons » gémi de nos malheurs ; et , tandis que nous » adressions nos prières au ciel pour qu’il dai- » gnât y mettre un terme, nous ne cessions » d’être agités par la crainte et par l’espé- » rance.

» Ces émotions pénibles sont enfin calmées » par la présence de votre altesse royale. Nous » serons heureux ! J’ose , au nom de mon » clergé et des fidèles de mon diocèse , sup- M plier votre altesse royale de transmettre à » S. M. les assurances qu'elle ne trouvera » point dans ses Etats de sujets plus fidèles et » plus dévoués. notre Roi legiiime ! »

Toute l’église retentit du même cri. Le prince, porté parla foule, mais environné du

clergé, qui lui faisoit un pieux rempart, ne parvint au sanctuaire qu’après trois quartstVheure d’ondulations. La sainteté même du lieu ne put retenir les acclamations du peuple. Souvent les cris réitérés de Vice le Roi ! suspendirent la cérémonie. Le Te Deumint chanté et répété en chœur par tous les assistans.

Ainsi fut rendu à la Divinité le pieux tribut d’hommages que méritoient ses bienfaits en ce jour solennel. Sensible à tant d’amour et de respect, M" le duc d’Angoulême, en sortant de la cathédrale , se rendit à riIôtel-de-Ville. Là , il chargea les magistrats d’être auprès du peuple l’interprète de sa satisfaction et de .son bonheur. Les cris de Vive le Roi ! Privent les Bourbons ! précédèrent de nouveau S. A. R., et suivirent tous ses pas. De l’IIôtel-de-Ville , le prince fut conduit et escorté jusqu’au Palais- Royal , où son cortège , souvent arrêté par l’affluence du peuple , ne put arriver qu’à l’entrée de la nuit.

Ainsi finit ce grand jour. Une proclamation du maire de Bordeaux, digne du mémorable événement auquel ce magistrat venoit de présider , fut adressée aux Bordelais ; elle contenoit les passages suivans , qui méritent d’être consignés dans les annales de la restauration :

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