‹ Histoire des CampagnesChapitre 5 sur 267 · LIVRE XII · texte numérisé non relu

LIVRE XII

points. Renouvelant leur attaque le lendemain, elles tournèrent et enlevèrent toutes les positions de la montagne des Trois-Couronnes , du mont de la Rhune et du camp de la Bayonnctte. L’armée française eut la douleur de voir sur son propre territoire ces mêmes Anglais qu’elle avoit plusieurs fois chassés devant elle jusqu’aux derniers confins de la péninsule. Ce fut au prix de beaucoup de sang que lord W cllington força les lignes de la Bidassoa. Son entrée sur le sol de la France fut marquée par l’occupation de Sainl-Jean-de-Luz.

Bayonne , si tranquille jusqu’alors , présenta tout à coup l’image d’une ville qui va être livrée aux horreurs d’un siège. Inquiets et agités , les habitans , hommes , femmes , jcnfans et vieillards, parcouroient les rues , inleiTOgeoient les militaires qui arrivoient des avant-postes, s’informoient si l’ennemi fai.soit des progrès rapides , ou des démonstrations hostiles. Les familles les plus aisées abandonnoient leur demeure, emmenant avec elles leurs effets les plus précieux ; les routes éloicnt couvertes de voitures , de blessés et de fuyards.

Au milieu de ce tumulte et de l’anxiété générale , le maréchal Soult cherchoit à calmer le.s craintes du peuple. Il nomma un gouver-

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neur, et son choix tomba sur le général Thouvenot , officier distingué par sa prudence et sa bravoure. On improvisa pour ainsi dire des travaux immenses pour couvrir les approches de la ville. Des retranchemens qui baltoient sur tous les points , furent élevés et armés ; ils SC lioient les uns aux autres , et se défendoient mutuellement. La citadelle, foible d’ouvrages extérieurs , fut mise en état de défense par des redans établis sur tout le front d’attaque. On traça un caj;upL. areUraaclic dont la droite étoit appuyée sur l’Adour , et la gauche sur ^ la rivière de Nive. Il étoit aussi défendu par des digues q>ii , se levant à volonté , permettoient d’inonder les campagnes environnantes. Le soldat et l'habitant concoururent avec zèle et sans relâche à élever des ouvrages si nécessaires pour empêcher l’ennemi de s’emparer de celte clé du midi de la France.

Mais Wellington n’avoit pas encore réuni toutes ses forces , ni ses moyens d’attaque ; ses troupes cantonnées derrière la Nivelle n’avoient encore fait aucun mouvement décisif. L’armée du maréchal Soult se disposoit à défendre le terrain , derrière quelques retranchemens faits à la hâte , en attendant que le camp retranché de Bayonne pût la recevoir et la

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