‹ Histoire des CampagnesChapitre 6 sur 267 · LIVRE XII · texte numérisé non relu

LIVRE XII

mettre en état de résister avec avantage. Le 9 novembre , le général anglais fit une attaque sur toute sa ligne pour forcer la Nivelle. Les deux ailes de l’armée française tinrent ferme ; mais le centre fléchit. L’intrépide général Conroux ne put rallier les soldats qui abandonnoient une redoute. Suivi de quelques braves, il se précipita au milieu des colonnes anglaises , et mourut au champ d’honneur. Le même jour, le mouvement rétrograde commença : l’armée française occupa les positions en avant de Bayonne , couvrant cette place , et s’occupant sans relâche de terminer les travaux qui dévoient en défendre l’approche.

Le maréchal Soult forma son armée en plusieurs divisions , sous les ordres des généraux Foy, d’Armagnac, Taupin, d’Arricau , Levai, ;Villalte , Ahhé , Boyer et Maransin. Le lieutenant-général comte d’Erlon eut le commandement de l’aile droite ; le général Clausel , celui de l’aile gauche , et le comte Reille , celui du centre. Le général Gazan fut nommé chef de l’état-major-général. L’armée ainsi organisée établit ses avant-postes dans une redoute à Cambo près de Bayonne, et se plaça dans le camp retranché où elle continua les travaux.

f Lord Wellington avoit résolu de passer la Nive iminédialeinent après avoir franchi la Nivelle ; mais le mauvais état des routes et la crue des eaux , occasionnée par des pluie» abondantes , ne lui permirent pas d’exécuter son mouvement offensifdans toute son étendue.

Cependant les ouvrages de Bayonne se perfeclionnoient , et ^l’armée française occupoit une position fortifiée avec beaucoup d’art , sous le feu delà place. Les avant-postes de l'aüc .droite éloicnt pousses vers Biarits , et l’aile gauche communiqiioit avec la division de Catalogne, établie à Saint- Jean-Piedde-Port, et commandée par le général Paris. Deux forts délachcmens étoient cantonnés à .Yillefranque et à Mouguère , couvrant ainsi , vers la gauche du camp retranché , sa partie la plus accessible. Cin(|uanle mille hommes étoient réunis dans celte position formidable, qu'il sembloit impossible d’attaquer avec avantage, tant que l'armée française y demeureroit en force. Mais les lignes de Bayonne , ne couvrant pas toutes les approches de l’Adour, pouvoient être tournées par une armée supérieure en nombre. Livrer bataille étoil donc le seul moyen de s’oppo.ser à l’invasion. Le maréchal Soull n’avoil rien négligé pourins-

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