‹ Histoire des CampagnesChapitre 51 sur 267 · LIVRE XIV · texte numérisé non relu

LIVRE XIV

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vif sur les hauteurs entre Nogent et Villenoxe; tout annonçoit une attaque combinée sur tous les points de la ligne française. Déjà le corps du prince royal de Wurtemberg s’étoit porté au-delà de Nogent, tandis ;que rhettmau Platovv, avec six mille chevaux, se jetoit surFère-Champenoiseetsur Sézanne, afin de protéger le flanc droit de la grande armée. Le prince de Schwarlzenberg , voulant présider lui-meme aux opérations , transféra son quartier-général à Pont-sur-Seine.

A l’arrivée dji courrier porteur de ces npu- .velles , Napoléon crut entrevoir que le plan des alliés consistoit à manœuvrer sur la gauche des corps intermédiaires qui couvroient Paris, avant qu’il fût possible à l’armée de les soutenir. Le moindre succès des Austro-Russes pouvoit le placer lui-meme dans la position la plus critique , entre deux grandes armées , dont l’une venoit de le repousser, et l’autre paroissoit déterminée à frapper enfin des coups plus décisifs.

En effet , si Napoléon eût persisté plus long temps à combattre le maréchal Blucher, il laissoit Parisà la merci du prince de Schwartaenberg , et , s’il marchoit à la rencontre du prince , il ne pouvoit manquer d’étre suivi

io8 CAMPAGNE DE 1814.

par Blucher. Il se trouvoit ainsi , n’ayant plus que cinquante à soixante mille hommes , entre deux armées fortes chacune de cent mille combatlans. Mais ses ennemis éloient timides, et il se montroit audacieux , ne faisant plus la guerre qu’en aventurier. Ainsi , un coup de désespoir pouvoit le tirer de la crise où l’avoient plongé ledélire de l’ambition et l’amour des conquêtes. Instruit que l’armée austrorusse occupoit une ligne de trente lieues, depuis Sens jusqu’à Sézanne, il renouvela le projet de tomber , avec la masse de ses forces , sur les corps séparés de l’ennemi , n’ayant d'autre espoir , depuis le commencement dé la campagne , que dans cette seule manoeuvre.

Or, le 16 mars , il se met en marche avec le gros de son armée , se dirigeant sur Epernay ,’ pour repasser la Marne. Depuis le 1 1 février, cette petite ville étoit à la merci des alliés, après s’être défendue avec courage et persévérance.' A la faveur de la nuit ; soixante hommes de garde nationale avoient tenu tête à un corps nombreux de cavalerie, qui , parvenu jusqu’aux portes de la ville, et repoussé par quelqués habitans armés de fusils , s’étoit réfugié jusqu’aux bois de Reims. Revenant à la charge le lendemain , l’ennemi avoit sommé les habi-

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