‹ Histoire des CampagnesChapitre 53 sur 267 · LIVRE XIV · texte numérisé non relu

LIVRE XIV

Ions, à ' Sommesous. Le danger étoit pressant -, en une marche ou deux , la masse de l’armée française , tombant sur des corps isolés , pouvoit renouveler sur l’Aube les revers de Montmirel et de Montereau.

Dans un premier conseil de guerre , les généraux et les souverains alliés avoicnt résolu de rétrograder jusqu’à Bar, et là , de prendre position derrière l'Aube. Déjà même le quartier-général s’étoit repbé sur,Troyes , qu’on se proposoit d’évacuer le lendemain , quand , dans la nuit , l’empereur Alexandre changea lui-méme ce plan , qui eût entraîné les alliés hors de la ligne des opérations offensives. Ce monarque prit le parti ferme et courageux d’opérer la concentration des forces à Arcis même , et là , de livrer bataille à Napoléon. Mais , sous plus d’un rapport , ce mouvement paroissoit inquiétant : il présentoit dans l’exécution des difficultés capables de rebuter une âme moins élevée et moins forte ; on suppose même qu’il contrarioit le système du cabinet autrichien, dont la maxime a toujours été de n’entreprendre aucune opération décisive pour ne rien hasarder. Mais , se voyant soutenu par la cordiale et l’imperturbable confiance du roi de Prusse , l’empereur Alexandre ne

lia

put être détourné par aucune considération particulière. Le czar toutefois eut besoin de toute son autorité pour rallier, avec la célérité convenable , tant de troupes de nations différentes , disséminées sur une ligne éten-, due. Toute une nuit fut employée par ce puissant monarque , soit pour ramener à son opinion toutes les voix du conseil , soit pour faire expédier les ordres les plus formels et les plus pressans aux généraux secondaires. On assurç que l’anxiété qu'éprouva Alexandre dans cette occasion décisive, fut. si cruelle, qu’il y fit allusion le lendemain , en disant à ses généraux et à ses ministres : <* J’ai bien cru que la » moitié de ma tête grisonneroit cette nuit. » La disposition que venoit de prescrire le czar avoit pour objet de rallier tous les corps de la grande armée dans une position concentrée devant la ville d’Arcis. Déjà le gros de Tarmée française ayantpassé la Marne, arrivoit à Fère-Champenoise , précédée par sa cavalerie qui partout culbutoit les cosaques. Ce fut à Fère-Champenoise que M. de Rumigny , secrétaire du cabinet , apporta à Napoléon , de Châtillon-sur-Seine . la nouvelle de la rupture des conférences. Ainsi alloient s’évanouir, au sein même d’une armée de braves , les ap-

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