‹ Histoire des CampagnesChapitre 56 sur 267 · LIVRE XIV · texte numérisé non relu

LIVRE XIV

sayoit de justifier la duplicité sur laqtiellc il fondoitses espérances, en imputant lui-méme de la mauvaise foi aux alliés dans l’exécution des capitulations de Dresde , de Dantzick , de Gorcum , en ce qui regardoit le retour des garnisons de ces places dans l’intérieur de la France.

Quoi qu’il en soit, cette instruction cauteleuse atteste un système de perfidie inouï dans les transactions entre les nations civilisées , puisqu’elle exprime clairement l'in-, tention de ratifier un traité et de ne pas l’exécuter. Ainsi , au milieu desplus grands dangers , Napoléon donnoit la preuve quïl ne céderoit jamais à la destinée , et ne se soumettroit point aux revers. Ne cherchant qu’à se tirer des difficultés au milieu desquelles il s’étoit engagé , il n’étoit pas de fraude qu'il ne fût disposé à commettre , uniquement pour gagner du temps et pouvoir respirer , afm de renouveler ensuite la guerre avec plus de vigueur encore.

Du reste , tout son espoir consistoit alors à surprendre les corps séparés de l’armée du prince de Schwartzenberg , avant leur con-

par le Moniteur pendant l’interrègne ; mais on assure quel’original érrit de la main de M. Maret , se trouve déposd 6 lu chancellerie ^’£tat de \ienne.

ii8 CAMPAGNE DE 1814.

centration. En effet , les Bavarois , les Wurtembergeois , et la division russe de Wittgenstein , n’effectuèrent leur jonction qu’à marches forcées. Le 19 mars seulement, la plupart de ces divisions , repassant la Seine , se mirent en retraite vers l’Aube. Le même jour, la cavalerie de Napoléon culbuta partout les cosaques aux environs de Plancy , et trouva le pont de l’Aube détruit par les Russes , mais presqu’au ssitôt rétabli par les habitans. Au-delà de Plancy, l’avant-garde donna de nouveau dans quelques partis de troupes légères , qui se replièrent aussitôt sur Méry et sur Arcis.

Arrivé au gué de Chamy , Napoléon fit passer l’Aube à un bataillon de la vieille garde , qui s’empara du village pour s’assurer du gué. Il envoya immédiatement après une partie de sa cavalerie sur la route d’ Arcis , tandis qu’avec plusieui*s escadrons de sa garde, il se dirigea en personne sur Méry. Pendant cette marche , il dit toqt haut : « Cette nuit , » j’irai prendre mon beau-père à Troyes. » Ces paroles , et le but de ses manœuvres , font supposer qu’il étoit instruit de la première résolution des alliés , d’après laquelle ils dévoient sc replier sur Troyes et vers Bar-,

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