‹ Histoire des CampagnesChapitre 7 sur 267 · LIVRE XTL i · texte numérisé non relu

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pirer aux troupes le sentiment de leur ancienne valeur; et le moral du soldat s'etoit relevé.

Napoléon frémit en apprenant que l’armée anglaise venoit de s’établir sur le territoire français. Pour la première fois peut-être son orgueil fléchit, et ce fut alors qu’il résolut de faire à la nécessité le saciifice de l’abandon politique de l’Espagne, pour sauver, s’il étbit possible, .ses provinces méiidionales. Jamais ennemi plus redoutable n’avoit humilié ses armes; mais il falloit sortir d’embarras et séparer à tout pn.x l’Espagne de la cause des î. alliés , afin de porter toutes les forces vers le Rhin , sauf à revenir dans la péninsule pour l’opprimer, en y semant la discorde. Napoléon met aussitôt en jeu sa politique tortueuse. Sûr d’avance que Ferdinand VII , dans sa captivité, .souscrira à toute e.spcce de conditions qui lui assurera sa liberté et son rétablissement, il mande à Paris le duc de San Carlos , ex-ministre de Ferdinand ; il lui déclare qu’à certaines conditions qui feront l’objet d’une négociation et d’un traité , il consent à rétablir .son maître.

Le duc se rend aicssitôt à Valençay avec le comte Laforét, plénipotentiaire de Buona-

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parte , et le malheureux Ferdinand ; disposé par son ministre , ratifie bientôt le traité qui le reconnoît roi légitime des Espagnes : il s’engage à payer au roi démissionnaire Charles IV , une pension de quatre millions de réaux ; à échanger immédiatement les Français prisonniers en Espagne, contre pareil nombre d’Espagnols prisonniers en France et en Angleterre ; à restituer les propriétés , revenus , dignités , emplois , pensions à tout Espagnol qui s’est déclaré contre son pays en France , et enfin à faire

évacuer l’Espagne par les troi^es britanniques. Ce traité, dicté à l’opprimé par l’oppresseur ,■ fut signé à Valençay le ii décembre.

Ce n’étoit pas seulement pour sa sûreté que Napoléon faisoit ce grand pas rétrograde ; tout à coup arrêté dans son plan infernal de subjuguer l’Espagne , il vouloit rompre le lien qui l’unissoit à l’Angleterre , et la détacher de la cause commune de l’Europe.

Ainsi celui qui , en ï8o8 , avoit envahi la péninsule par la fraude, forcé de renoncer, après six années de guerre, à la subjuguer militairement , cherche encore à l’asservir par des moyens perfides. Il se berce de l’idée , . qu’entraînée par ses insidieuses

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